J. Pédagogue-à-gogo: J’aime beaucoup mieux le Miss Villeray quand il n’y a pas Les gens à l’intérieur.
Parlez-moi d’amour Vendredi, 8 mai 2009
Parce que, ces derniers temps, on m’a reproché d’avoir une fixation sur mon célibat. Parce qu’on aura dit que je suis devenu amer et que je suis jaloux du monde en couple. Parce que Brume que j’aime de tout mon coeur me l’a demandé. Voici un billet sur l’amour. Je trouve amusant que l’on me reproche de ne pas parler d’amour assez fréquemment; moi qui croyais être la Céline Dion des blogueurs avec mes 100 histoires d’amour pour 130 billets…
Malgré tout, je n’y connais pas grand chose. Je peux certainement parler de ma façon de vivre l’amour, mais je peux difficilement expliquer la construction sociale du sentiment humain le plus prisé. C’est une constatation que je me fais souvent, et en lisant un billet de Pierre-Yves récemment, je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul à vivre mes amours comme un adolescent. Ce n’est pas parce que je suis immature ou que j’aime aveuglément, seulement quand je m’éprends de quelqu’un, c’est tout à fait impulsif.
Pour dire vrai, dans les dernières années, j’ai eu très peu de flammes, mais quand j’ai un kick sur quelqu’un, je vis dans l’instantanéité. Je suis nul pour attendre. J’ai toujours envie de défricher plus rapidement, comme un archéologue qui travaillerait nuit et jour pour dénicher le sarcophage promis. Je suis impatient.
Aussi, comme je suis rarement amoureux, voire jamais, le sentiment est d’autant plus fort. Je m’explique. Je crois que d’une certaine manière, le sentiment amoureux est aussi constitué comme un jeu de serpents & échelles. En amour, on peut rechercher la perfection ou se contenter de moins; tout dépend de notre indépendance, de notre tolérance au célibat.C’est à dire que comme sur la célèbre planche de jeu, il existe plusieurs niveaux d’amour et de bonheur, comme il existe plusieurs degrés de douleurs amoureuses. Desfois, on ne ressent qu’un petit soubresaut, comme en glissant sur le dos d’un serpent qui nous ramène 3 cases à l’arrière. Desfois c’est la chute libre qui nous fait regretter d’avoir jamais aimé.
Si vous me lisez depuis un moment, vous aurez compris que je suis peut-être, ne serait-ce qu’un peu, trop exigeant, que j’ai des standards assez élevés. Je dis ça, mais en même temps non. Et durant un moment, je me dis que je ne pourrai jamais passer ma vie avec untel, et l’instant d’après, je me dis que seul l’instant présente ne compte vraiment.
À trop vouloir profiter de l’instant présent, on finit par briser des coeurs, non ? Disons que je ne me sens pas trop champion quand je m’engage dans une relation en me disant :« Je sais pas trop, là… Je profite de l’instant présent… » et qu’au bout de 6 mois avec le gars, je me rends compte que ça en fait déjà 3 que l’instant présent ne goûte plus rien. Et là, on doit faire face à ce que Carrie nomme si justement dans Sex and The City « The uncomfortable break-up situation ». Et là on peut faire semblant que ça nous fait de la peine à nous aussi et qu’on va être triste le lendemain… Yeah right…
Je dis tout ça, mais dans le fond, je déblatère. J’ai quand même souffert un peu. Moi, quand je rencontre quelqu’un qui m’intéresse vraiment – pour vrai, là - je suis du genre à monter une échelle, puis tout de suite après, une ou deux cases plus tard, je glisse sur un serpent.. Ça, c’est quand je ne me mets pas à tourner en rond… Blague à part, j’aurais aimé être mieux en mesure de parler d’amour ce soir, surtout pour toi Brume, mais tout commence à être confus. Je vais mettre de l’ordre dans mes amours…
Tague BO Mercredi, 6 mai 2009
Je me suis fait tagué par Bast. Comme je n’avais pas publié depuis un moment, et je m’en excuse, je me suis dit que ce serait une bonne façon de me remettre dans le bain. J’ai plein de choses à vous raconter, il me faudra seulement trouver le temps et les mots pour le dire… Je ne suis pas mort !
Instructions :
1) Ouvre ton programme de musique (iTunes, Winamp, WMP, etc)
2) Mets-le en mode ALÉATOIRE.
3) Appuie sur JOUER.
4) Pour chaque situation énoncée ci-dessous, entre le titre et l’artiste de la chanson qui joue.
5) À chaque fois que tu passes à une autre situation, tu dois appuyer 2 FOIS sur l’option SUIVANT.
6) Ne triche pas pour bien paraître… Sois honnête, c’est plus drôle !
7) «Tag» les gens dont tu aimerais voir les réponses !
Faites une Liste et écoutez-la en boucle
Générique d’ouverture : Beauty Mark de Rufus Wainwright
Ton réveil le matin : Home de Myriam Alter
Ton premier jour d’école : Immature de Björk
Ton premier coup de foudre : Southern California Wants to Be Western New York de Dar Williams
Ta perte de virginité : Kaguya Hime de Juno Reactor
Ta première bataille : Parigi in Agosto de Charles Aznavour Feat. Laura Pausini
Ta première rupture : Mistral gagnant de Renaud
Ton bal de graduation : Petite musique terrienne tirée de la version intégrale de Starmania – Mogador 94
Ta croissance – De la maternelle à l’université : New Song de Nomo
Une crise de nerfs qui te fait perdre contrôle : Jane Doe de Alicia Keys
Ton premier roadtrip avec tes amis : Sunday de k.d. Lang
Un flashback qui te revient : Party de Nelly Furtado
Tu décides de reprendre avec ton ex : Wonderful Combat de Jay-Jay Johanson
Ton mariage : Back to What You Know de Ne-Yo
La naissance de ton premier enfant : Émissions télé de François Pérusse
Tu découvres qu’on t’a trompé(e) : Carino de J.Lo
Fête d’anniversaire : Au nom des cieux galvanisés de Pierre Lapointe
La mort de quelqu’un qui t’es cher : Petrified Forest Road de Ane Brun
La chanson de ton enterrement : Tuff Luff de The Unicorns
Ta première rencontre avec ton/ta meilleur/e ami/e : Une femme comme une autre de Patricia Kaass
Ton premier party : Hey, Man ! de Nelly Furtado
Ton anniversaire de 18 ans : Triptico de Gotan Project
Ta première sortie en amoureux : Give Me Every Little Thing de The Juan McLean tiré de DFA Compilation Volume 2
Ton premier concert : Smells Like Teen Spirit live par Tori Amos
Ta première journée au secondaire : She’s Madonna de Robbie Williams
Ton premier baiser : Guilty by Association de Madonna
Scène sensuelle : Joga [Alec Empire Remix] de Björk
Générique de Fin : Kilometer de Sébastien Tellier
Chroniques queer no 5 Samedi, 25 avril 2009
Desfois j’y repense aujourd’hui et je me sens vraiment coupable. À la fin de mon secondaire, j’étais célibataire. J’avais déjà eu des expériences sexuelles, mais seulement avec ce garçon. Notre relation s’était terminé sans fracas, tout bonnement, avec la fin de l’été, parce que lui avait quitté pour le CÉGEP et moi, j’étais resté derrière. Il fut mon seul amour d’adolescence.
L’été suivant, j’étais toujours au beau fixe. Je n’étais toujours pas out, je n’avais ni chum, ni blonde, juste beaucoup de photos de Leonardo DiCaprio et de Claire Danes collés dans mon agenda dans l’espoir que les gens croient que j’avais le béguin pour elle et non pour lui. Comme si les gars hétréros trippaient sur Claire Danes…
J’acceptais mon homosexualité personnellement, mais je la niais socialement. Durant cet été-là, j’ai fait la connaissance d’une fille; une très belle fille. Gracieuse mais racée, c’était une danseuse professionnelle. Physiquement parlant, elle arrivait à s’exprimer avec la souplesse et les atouts que, d’une certaine manière, j’aurais aimé posséder. Nous sommes devenus de très bons amis et, de fil en aiguille, au lit. Un vrai summer love, comme dans Grease, je vous le dis.
Ce qui était le plus cocasse, voire triste, dans toute cette histoire, c’est que tout le monde faisait des allusions à mon éventuelle homosexualité, et elle, virulente, prenait ma défense avec conviction. Je crois que le plus choqué d’entre tous par la situation était mon ami d’enfance qui la trouvait très séduisante et qui ne comprenait absolumment pas comment j’avais pu la charmer.
Durant tout l’été de mes 17 ans, c’est-à-dire durant près de 3 mois, j’ai fréquenté une fille. Allez savoir pourquoi. La réponse à cette question semble à la fois obscure et évidente. Souvent, quand on me demande de m’expliquer, je réponds souvent que je voulais explorer la normalité. Dans les faits, même avec le recul, je n’arrive pas à comprendre ce que je tentais de prouver et surtout, qui j’essayais de duper. Mes amis ? Mes parents ? Moi-même ? Peu importe, quand on pense que quelques semaines plus tard j’entrais au CÉGEP et que j’allais devenir, le temps d’une année, plus gay que nature…
Éphéméride sacrificielle Mercredi, 22 avril 2009
Moi
J’y suis jamais allé. C’est tu le fun ces soirées-là ? Le monde cruise tu ou ces des snobs finis ?
Gars cute
Non, c’est vraiment cool. Le monde cruise vraiment beaucoup ! Hey ! J’ai même frenché des laids
Moi
Ok ! Celle-là je la blogue tellement !
L’Urgence d’Aimer Dimanche, 19 avril 2009
Une grande partie de ce billet a été rédigée dans mon faux-moleskin à bord d’une rame de métro. J’en ai même écrit une partie en marchant, littéralement, dans les corridors de la station Berri-UQÀM. Je lis souvent en marchant, mais écrire, c’était une première…
En début de semaine, j’ignorais que je susciterais autant de réactions en publiant mon billet sur les couples. Bien honnêtement, je n’ai rien contre les couples et ce billet, que certains appelleront peut-être une montée de lait, était pour moi un moment d’exaspération bien ponctuel. D’ailleurs, je n’ai rien non plus contre le célibat, sauf peut-être contre le mien. Je refuse toutefois d’encenser l’une ou l’autre des avenues.
Dans ma vie, j’ai été beaucoup plus souvent célibataire qu’en couple, ce qui ne m’a pas empêché d’être heureux. J’ai connu plusieurs hommes, bibliquement parlant, un peu plus que j’en ai connu intimement. La véritable intimité supplante la sexualité. J’ai aussi connu des périodes où ma condition célibataire m’a déprimé davantage. Je n’ai jamais été très doué pour la dépression, mais à mes heures j’ai chigné, pleuré et j’ai souvent eu le goût de casser des verres. À travers les ans, je me suis déprécié, me suis senti laid, trop petit, pas assez musclé, trop gros, trop excentrique, pas assez authentique, fucké, déconnecté, trop authentique, trop fin, snob, wannabe et j’en passe.
Aujourd’hui, mon célibat ne me pèse plus, à part peut-être quand tous mes amis sont occupés, alors ça serait peut-être agréable d’avoir réussi à attacher un gars. Je ne vois plus non plus le fait d’être célibataire comme un insuccès et beaucoup plus comme un choix et peut-être un peu aussi, dans mes jours de pluie, comme une infortune. Je ne vois pas le couple comme un idéal à atteindre, ce qui ne veut pas dire que je ne souhaite pas être en couple.
Un débat refait souvent surface entre B. et moi et d’une certaine manière entre ma raison et mon romantisme. Je ne vous parle pas souvent de B., mais nous sommes à la fois très semblables et très différents. B. c’est non seulement mon meilleur ami, mais c’est un peu mon paratonnerre qui me ramène toujours sur le sol lorsque je suis trop fébrile. C’est aussi, d’une certaine façon, mon mentor et en me lisant vous lisez beaucoup de B. Sans nécessairement refléter ses idées ou véhiculer ses valeurs, plusieurs de mes billets m’ont été inspirés par lui; il m’a initié a beaucoup de choses et m’a insufflé d’importantes connaissances.
Comme je le disais donc, B. et moi débattons souvent sur la véritable nature du couple. De nous deux, je resterai toujours le plus romantique; B. lèvera toujours les yeux au ciel en écoutant mes histoires d’amour. Et moi, je dirai toujours: « Non, mais lui c’est spécial. » Et à 20, 40 ou 60 ans, B. m’écoutera en souriant. Sans être cynique, ni amer ni désillusionné, B. ne croit pas à la viabilité d’un couple sur plusieurs décennies. Ou plutôt, si, il y croit, mais voit pas la longévité d’une relation comme une condition sine qua non à la qualité de la relation. Dans notre vision traditionnelle du couple, une relation avortée est souvent perçue comme un échec. B. voit plutôt cela comme une transition, comme un passage vers autre chose. Dans les faits, pour simplifier l’idée un peu, il ne croit pas que nous soyons constitué pour être en couple pendant plusieurs années.
Bien que mon côté rêveur souhaiterait vivement qu’il ait tort, mon côté rationnel, mon expérience de la vie et mon esprit logique se voit bien obligé de lui donner raison. D’une certaine manière, on peut voir le couple stable et durable comme une relique, comme un vestige de notre chrétienté, et on peut se poser la question, est-ce vraiment la meilleure façon de vivre ? À preuve, nombre d’adultères ont été commis, des injures ont été prononcées, les concessions n’auront pas suffis, nombre de divorces ont été demandés. Et nous refaisons les mêmes erreurs, perdus dans nos contes de fée en tentant de recréer dans nos vies de véritables amours de roman.
Et la peur de vieillir seul nous envahit tous un jour ou l’autre, ce qui nous fait encore plus ressentir l’urgence d’être en couple. Non seulement, ne voulons nous pas finir nos jours dans la solitude, mais dans notre société, la légitimation de nos vies passe souvent par le seul fait d’être en couple. En effet, pour plusieurs, tous les accomplissements d’une vie sont centrés sur le couple. C’est d’ailleurs ce qui est le plus souvent célébré: le mariage, l’achat d’une maison, les naissances et la longévité d’un couple. Bien sûr, la vie à deux à ses avantages et d’un point de vue financier est souvent plus profitable. Pour élever des enfants, c’est souvent plus facile d’un point de vue logistique et probablement plus chaleureux qu’un couple désuni. Ce n’est pas un secret, notre civilisation occidentale est beaucoup mieux adaptée à la vie en couple.
La théorie des âmes soeurs de Platon est bien jolie, mais je ne suis pas convaincu que le monde soit vraiment fait comme ça. L’amour n’a pas toujours l’unicité que nous aimerions lui voir. On entend souvent les gens dire: « C’est l’homme (ou la femme) de ma vie». Ce qui est drôle, c’est qu’il s’en est fallu de bien peu pour que ce n’en soit pas un autre…
Je lance un pavé dans la mare, mais malgré tout, je suis hyper romantique. Je rêve d’amour. Le soir en m’endormant ou au coeur de mes insomnies; le matin à mon réveil ou en m’habillant; en ouvrant les portes et en tournant le coin des rue, je rêve.
Que sont mes amis devenus ? Mardi, 14 avril 2009
J’ai commencé ce blogue un soir où je m’ennuyais particulièrement. Un soir où tous mes amis avaient décidé de rester enfermer chez eux. À l’époque, la situation était temporaire; une histoire d’un soir avec moi-même. Maintenant, on dirait qu’elle est sans fin. Je m’ennuie tellement, c’est hallucinant. Moi qui ai toujours eu trop d’amis pour arriver à les voir tous, me voilà rendu littéralement pogné chez moi à ne pas savoir quoi faire. Je passe mes journées de congé à ne rien faire, parce que personne ne veut rien faire.
Et oui, je pourrais écrire plus de billets sur mon blogue, travailler sur mon roman, lire tous les livres que je n’ai jamais lus et que je me suis toujours promis de lire, prendre deux jours pour regarder Shoah et le cycle complet des Cremaster, faire du ménage dans mon appartement. Mais quand je suis en congé, je suis comme ça moi, j’ai besoin de sortir, de voir du monde, de profiter de la ville, de profiter de la vie, de parler à mes amis. Rester chez moi tout seul dans mes congés, je suis désolé, mais pour moi, ça fait juste pas la job. Je trouve ça plate à la mort, je déprime, je tourne en rond, je sais pas pantoute quoi faire; je suis complètement perdu et quand je retourne au travail, je suis désabusé et j’ai l’impression de ne pas avoir profité de mon weekend.
Il y a deux semaines, j’ai acheté quelques bonnes bouteilles et je cherchais désespérément quelqu’un pour partager mon vin. Pouvez-vous croire qu’en deux semaines, je me suis systématiquement fait ditché tous les soirs (ou presque) pour des excuses bidons. Mes bouteilles de vin attentent toujours quelqu’un pour être bues, tandis que mes anciens, comme mes nouveaux amis, se font de nouveaux chums/blondes. Exit Alex.
J’accorde mon pardon à mon meilleur ami et coloc qui est en fin de session et qui travaille comme un malade mental, mais je le remercie parce qu’il finit toujours par trouver du temps pour moi, même s’il est complètement débordé par l’école. Je pardonne aussi, à demi, mon autre meilleur ami qui est en stage, parce que je sais c’est quoi être en stage, et c’est vraiment exigeant. Je dois aussi absolument remercier le gars qui m’a sauvé de ma soirée en solitaire dans un bar dimanche soir, après que je me sois fait abandonné par mon ami en plein milieu de la soirée… Se faire sauver par lui, c’est ce que je pouvais espérer de mieux. Sinon, je suis frusté contre les autres et je me permets de les juger.
Quand je vois ces amis maintenant, j’ai souvent l’impression d’être second best. Quand je leur téléphone pour prendre de leurs nouvelles, j’ai plutôt l’impression de les déranger. Quand j’essaie de planifier des temps pour se voir, j’ai l’impression que pour eux, c’est l’équivalent de prendre un rendez-vous chez le dentiste. C’est toujours moi qui doit téléphoner. C’est toujours moi qui doit les rappeler, parce que sinon, j’attendrais indéfiniment. Finalement, c’est toujours moi qui doit se mettre à genoux et faire des crises d’enfant gâté.
Et si je me permets de les juger, c’est parce que leur attitude est le plus grand des jugements. Et comme je ne les vois pas et que, de toutes façons, ils ne sont pas là pour se défendre ou pour me convaincre de penser autrement, je peux bien me permettre ça. Et de toute façon - ils auront beau dire que ce n’est pas ça et que j’ai tort et que je ne comprends pas – leurs actions parlent pour eux. Quand ils font le choix de passer la soirée en couple à la place de me voir, ils font quand même le choix de me faire passer en deuxième, voire en dernier de leur souci.
Je me dis que mes amis qui ne sortent plus, qui ne viennent plus jamais chez moi, qui ne m’invitent plus jamais chez eux, bref qui laissent tomber leurs amis et qui s’enferment chez eux pour passer la soirée à se taponner, à se parler les yeux dans les yeux avec la bave qui coule sur le menton et Dieu sait quoi – comment pourrais-je le savoir ? J’ai tu l’air d’être en couple – doivent me regarder de haut et se dire:
« Pauvre Alex ! Ish ! C’est pas drôle. Hey ! 29 ans, pas de chum… Il doit encore être en train de s’amouracher d’un gars random rencontré je ne sais trop où. Il est vraiment immature je trouve. Tsé, il veut encore sortir, pis faire des soirées entre amis. On a plus 20 ans pour faire ça. Plus ça va, plus je trouve que c’est un loser Alex.»
Et si je les appelle demain:
« Il est vraiment fatigant Alex. Ça fait comme 3 jours en ligne que je lui dis que je n’ai pas de temps pour lui. Tsé, il est ben fin Alex, mais je sais pas, on est comme plus au même niveau. On est juste plus rendu à la même place dans la vie. Ça me fait un peu de peine pour lui, mais qu’est-ce que tu veux ?»
Et s’ils trouvent encore du temps pour lire ce blogue, si jamais ils lisent ce billet, ils se diront sûrement:
« Hey ! Pis as-tu vu ça ? Il est vraiment névrosé à part de ça. Je pense qu’il a vraiment perdu la boule. Il a tellement pas rapport. On se voit autant qu’avant, comme, tsé, on se voit, genre, une fois par mois là. Il est vraiment fucké. Moi, je pense qu’Alex, il n’est pas bien avec lui-même pis qu’il a un sérieux problème pour réagir comme ça.»
C’est quoi, la vie après 25 ans ça devrait se passer écraser devant une télé ou dans un lit en train de fourrer. Ça devrait être réglé au quart de tour et on devrait toujours rentré à la maison avant 23h, parce qu’il y a quelqu’un qui nous attend ? Est-ce qu’après 25 ans, les amis deviennent des accessoires, comme des articles saisonniers que l’on peut ranger ou sortir au gré des humeurs et des saisons ? Euh… Non ! Je ne pense pas.
Je n’ai jamais été particulièrement chanceux en amour. Ça a peut-être influencé ma façon de gérer mes amitiés. J’ai toujours investi beaucoup dans mes relations amicales. C’est juste vraiment décevant de voir le monde disparaître et se retrouver tout seul du jour au lendemain. Ça à peut-être l’air niaiseux comme ça, mais pour moi, qui accorde beaucoup de temps et de place à mes amis, ça feel un peu comme une rupture.
jesuisfeministe.com Dimanche, 12 avril 2009
Marianne, rédactrice en chef du blogue jesuisfeministe.com, m’a approché pour que je publie certains de mes articles sur son blogue. Ici vous avez eu droit en primeur au premier article que j’y publierai, Compter dans son propre but, qui sera publié sur jesuisfeministe.com sous peu. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à consulter le blogue régulièrement pour pourvoir y lire les billets des autres correspondantes. Bonne lecture à tous.
Compter dans son propre but Samedi, 11 avril 2009
Pourquoi les hommes ne comprennent pas le féminisme
Nous sommes tous issus d’une longue tradition patriarcale. Au sens restreint le patriarcat est un système social dans lequel l’homme accède au statut de chef de famille, la femme devenant ainsi sa subordonnée. Au sens large, il décrit cette structure sociale, qui s’est développé sur plusieurs générations, qui a jeté les bases de notre société contemporaine. Ainsi, la cellule familiale, l’école, les médias et la plupart des institutions sociales véhiculent des idées qui favorisent davantage le développement d’une attitude de domination chez les hommes. Cette forte influence du Patriarcat est observable, notamment dans le milieu des affaires et en politique où les femmes se heurtent encore à un plafond de verre, ce qui, pour de multiples raisons, les empêchent d’atteindre les rangs supérieurs d’une hiérarchie. Cette situation est aussi une réalité vécu quotidiennement par les gens de couleurs, les homosexuels, bref par tous les groupes minoritaires.
Depuis le début du XXe siècle, des vagues successives de féministes ont milité pour réduire les inégalités existantes entre les hommes et les femmes. Elles ont connu des victoires et de nombreux gains ont été faits, mais, malgré les apparences, qui sont parfois trompeuses, leur mission est loin d’être achevée puisque d’importantes inégalités résident.
Au cours de ce combat mené par les femmes vers la libération et vers l’égalité, les hommes ont eu l’impression de perdre certains de leurs privilèges, certains droits qu’ils n’avaient pas acquis, mais qu’ils s’étaient vu octroyé par le seul fait d’être nés hommes. Les luttes féministes ayant inéluctablement accroché au passage la suprématie de l’homme blanc hétérosexuel, les homme se sont montrés de plus en plus réfractaires aux féministes, les tournant souvent en ridicule, et on a vu naître chez-eux une grande incompréhension face aux revendications des femmes. Or, les féministes ne tiennent pas les hommes responsables de leur subordination, elle porte plutôt le blâme sur le système patriarcal.
Si les femmes tentent d’obtenir l’égalité, elles tentent aussi de développer une définition sociale de la féminité la plus large possible, de manière à célébrer la diversité et à être le plus intégrant possible. Melissa McEwan, la rédactrice en chef du blogue féministe Shakesville exprime très bien cette idée:
« In my view, it isn’t the job of feminism to dictate to women how they should live their lives, but first to create a culture that has room for legitimate and respected alternatives to traditional definitions of womanhood, and second to educate women conforming to traditional definitions that they don’t have to, because the culture no longer requires it nor gives it preference. »1
Une grande part de l’incompréhension du féminisme de la part des hommes résident dans l’idée même de vouloir redéfinir un genre. Dans notre société, on inculque aux hommes, de manière insidieuse, les comportements sexuels qu’ils devraient adopter. Souvent, les hommes n’arrivent pas à voir les pressions sociales qui pèsent sur eux et ont du mal à comprendre le fait que la masculinité, leur masculinité ne soit pas inné, mais bien acquise.
Pour la plupart des hommes, le mot masculinité est monosémique. Par le biais de divers système, notamment l’éducation et la publicité, on fait croire aux hommes que leur virilité est biologique et que, par le fait même, il est impossible pour eux de se construire une identité sexuelle alternative. Un paradoxe réside toutefois, cette virilité, soi disant biologique, doit être constamment démontrer et prouver; la virilité n’a pas un caractère permanent, elle doit constamment être réaffirmée. C’est à cette perception de la masculinité que fait référence McEwan lorsque qu’elle explique qu’une redéfinition des genres semblent futile, voire menaçante, pour les hommes.
« [...] lots of men cannot dissociate their rigid understanding of manhood from the societal influences which are largely mutable; they’ve had no reason to question whether a society that so perfectly suits them has created a definition of manhood that isn’t “real,” and so attempts to change society are inextricably linked to attempts to change men in ways they believe they cannot be changed. »2
Repenser la masculinité pour un homme, c’est l’équivalent de repenser le monde en entier. D’une certaine manière, dans notre société, être né homme, blanc et hétérosexuel, c’est l’équivalent d’avoir gagné à la loterie de la génétique, c’est pourquoi il leur est possible de passer à travers l’existence sans ne jamais avoir à se questionner ou faire quelques efforts que ce soit pour tenter de comprendre la condition des homosexuels, des personnes de couleur ou des femmes. Par le fait même, ils ne sont pas porter à remettre en question ou même à seulement raisonner leur propre condition de mâle.
On véhicule aussi beaucoup la fausse idée qu’être féministe et se battre pour l’égalité, c’est vouloir annuler toutes les différences entre les hommes et les femmes. Les hommes peuvent, avec raisons, se sentir menacés si leur compréhension du féminisme les porte à croire que les femmes désirent qu’ils deviennent comme elles ou vice-versa. Comme je l’ai déjà écrit ici, il ne s’agit pas d’abolir les genres, mais d’élargir nos horizons et de permettre un décloisonnement des genres de manière à favoriser l’inclusion d’un plus grand nombre d’individus.
Ce que les hommes ne comprennent pas, c’est que s’opposer aux féminismes c’est comme compter dans son propre but au hockey, pour utiliser un cliché de la masculinité. C’est pour cette raison que les hommes doivent cesser de se sentir menacer par le féminisme; pour arriver à prouver leur virilité une fois pour toute, en regardant le véritable ennemi, le patriarcat, en plein visage et en joignant les rangs pour se battre aux côtés des femmes.
« And, if nothing else, it would provide that long-absent framework that men who are already interested in such an endeavor have been missing, the tools to finally begin extracting what defines manhood according to men from what defines manhood according to a patriarchy. They are very different things indeed. Just ask a gay man—he’s already walking this road. »3
1. EWAN, Melissa, Angry Men, Searching Men—and What They Can Learn From Girls and Queers, Shakesville, Feminism 101, 2006.
2. Id.
3. Id.
Country Jeudi, 9 avril 2009
Je sais pas trop ce que j’ai. J’ai passé ma journée à écouter du country. J’ai décidé de vous présenter quelques pièces de ce genre musical souvent boudé. Je fouinais sur le site des Grammy Awards et je regardais qui avait gagné dans chacune des catégories. C’est Brad Paisley qui a gagné cette année pour Best male country vocal performance pour sa chanson Letter to Me. Ultra cliché, une vraie chanson de teenager, ou plutôt d’adolescent attardé, mais elle me rejoint pour une raison que j’ignore… C’est juste trop cute. Pis Brad est quand même cute aussi avec son chapeau de cowboy.
Je ne savais pas si vous le saviez, souvent les gens l’ignorent, mais I Will Always Love You, n’est pas une chanson originale de Whitney Houston et a encore moins été écrite pour le film The Bodygard. C’est en fait le cover d’une chanson écrite, paroles et musique par Dolly Parton. J’aime Dolly Parton. Elle me fait rire; elle est pleine d’auto-dérision. Une fois, interviewer par Barbara Walters qui la questionnait sur ses nombreuses chirurgies plastiques, elle avait dit : « You know Barbara, it takes a lot of money to look <em>this</em> (en se pointant elle-même) cheap. » Son interprétation est sensible et merveilleusement plus subtile que celle de Whitney. Aucune comparaison possible.
Il y a aussi ma préférée. Celle avec qui j’ai fait de la route. Celle avec qui j’ai fait de la plage. Probablement une des chanteuses les plus touchantes de sa génération avec un grain de voix distinctif: K.D. Lang. En plus elle est lesbienne. Vous connaissez sûrement sa célèbre Constant Craving.
En terminant, un classique, Walking in Memphis. Reprise d’innombrable fois. J’en ai écouté plusieurs versions, mais ma version préférée demeure toujours celle de Lonestar, même si ce n’est pas la version originale. Je sais pas. La voix du gars est vraiment sexy. Il te donne le goût de marcher à Memphis avec lui. Moi, je veux que mon chum me chante des chansons comme ça.

