Ma vie sexuelle comme un jeu de serpents & échelles

Aventures sur un jeu de parchésie

Messages textes scolaires Mardi, 28 octobre 2008

Classé dans : Reçu — Alex @ 23:46

du fond de la classe, à 10h du matin…

Alex

Je veux un drink !

Joelle

Alléluia !
C’est tu éthique de dire à ses élèves qu’on va avoir besoin d’une cigarette à la pause à cause d’eux ?

Alex

Tant que tu la fumes pas dans la classe.

Joelle

Okay. Mais c’est tu éthique de les mettre dehors du cours plus tôt pour aller fumer ?

Alex

Oui, mais juste si c’était prévu dans ta planification. On peut tu considérer le geste de fumer comme un projet intégrateur ?

Joelle

Ça serait quoi le DGF (domaine général de formation) ? Santé et bien être ?

Alex

Oui, pis la compétence transversale c’est: Se donner des méthodes de travail efficaces.


 

Les Montréalais/Snobisme exacerbé no 1 Mardi, 28 octobre 2008

Classé dans : Bourru — Alex @ 23:37

Montréalais

On peut donner plusieurs définitions pour montréalais:

Celui ou celle qui est né à Montréal.

Celui ou celle qui habite Montréal.

Celui qui habite à Montréal, mais qui a grandi à Laval et qui habite maintenant au centre-ville où il travaille comme représentant pour une compagnie d’assurances. Lorsqu’il veut magasiner, il retourne au carrefour Laval  où il s’habille chez West Coast et achète des complets Tommy Hilfiger beige. Il aime aussi beaucoup la marque Point Zéro. Il sort tous les vendredis. Il va souper à l’Académie avec ses chummys et apporte de la bière et une bouteille de Cabernet Sauvignon américain élevé en fût de chêne. Lui et ses amis, qu’il appelle affectueusement « le gros », aime beaucoup ce vin, parce qu’il goûte fort. Aussi, quand on lui offre du vin blanc, il répond avec un rire bête que « du vin c’est rouge ». Il est généralement accompagné d’une gang de filles qui partagent des bouteilles de rosé d’Ernest & Jullio Gallo, même quand c’est l’hiver et qu’il fait moins trente. En soirée, il sort au Rouge sur Saint-Laurent habillé à la toute dernière mode, i.e. un t-Shirt Diesel, bleu poudre pour faire métro, avec un imprimé vintage ou arabisant, ses jeans Buffalo sont retenus par une ceinture blanche et casse, au bas de la jambe sur son loafer blanc à bouts carrés (ça vient de sortir je pense). Lorsqu’il parle, il amplifie toujours la gravité de sa voix pour pas avoir l’air d’une tapette. S’il rencontre un gay, il dit qu’il est ben open… mais qu’il voudrait pas que tu te fasses d’idées.

Celle qui habite à Montréal,  mais qui a grandi à Saint-Lambert. Elle se prénomme généralement Justine, Alice ou Manse. Sa mère, femme à la maison, a les cheveux teints blonds et coupés au carré et fait son épicerie au marché Louise Ménard emmitouflée dans un châle de pashmînâ signé. Son père, analyste financier chez Deloitte & Touche, se rend chaque jour au travail en VUS. Elle ne parle jamais de ses parents, sauf quand elle va à leur chalet et qu’elle revient remplie d’éloge pour la campagne et le grand air. Cette nouvelle montréalaise, qui aime bien toutefois se faire passer pour née à Montréal, jure que son plus grand rêve est d’aller s’installer à la campagne pour y vivre sur une ferme, élever ses animaux, faire un potager et vivre dans une certaine autarcie avec son copain, généralement prénommé Jean-Christophe, Marco ou Bojan (c’est toujours bon pour l’image ça, avoir un copain qui a un nom exotique). Ils ne quitteront pourtant jamais vraiment Montréal et s’ils le font, ce ne sera pas pour réaliser leur rêve bucolique, mais bien pour s’installer à Lorraine (en bas ou en haut, peu importe) pour élever leurs enfants. Elle porte des vêtements dont elle a toujours oublié la provenance, mais répond toujours, de son air affecté, que ça doit venir d’une petite friperie. Ses items de prédilection ? Un grand foulard à long fil, dont certains sont argentés, qu’elle s’enroule négligemment, mais savamment, autour du cou. Elle affectionne aussi beaucoup son sac à main en fait en estomac de chèvre qu’elle a ramené du Pérou lorsqu’elle est allé y faire de l’aide humanitaire i.e. peinturer une planche de clôture, dans le cadre du programme Opti-Monde au CÉGEP du Vieux-Montréal. Elle ne va pas magasiner, elle fait des courses. Elle ne faits du ménage, elle fait des trucs. De la même manière, elle ne va pas au travail, mais bien au boulot et son bicyc’ à selle banane avec un guidon qui lui arrive à la hauteur des yeux est en fait une bécane. Aujourd’hui, elle étudie en maroquinerie, toujours au CÉGEP du Vieux ou en anthropologie à l’université. Sa ville préférée ? Barcelone.

Celui qui habite à Montréal, mais qui a grandi au Lac St-Jean et qui est donc, par le fait même, homosexuel. Il s’appelle Steve ou Stéphane. Il est arrivé à Montréal pour étudier au Collège Lasalle en design de mode, mais il n’a pas vraiment aimé ça. Il adore magasiner au Château et, quand il veut être chic, chez Bedo. On retrouve aussi dans sa garde-robe des vêtements que sa mère est allé chercher pour lui au comptoir Sears de Dolbeau. Il travaille en ce moment dans un centre d’appel et ses patrons l’aiment vraiment beaucoup, il a même été promu chef d’équipe. Toutefois, ce travail est temporaire, puisqu’il a une plogue pour rentrer dans une grosse firme de publicité, dont il a oublié le nom, mais ça va lui rapporter 60,000$ par année et bientôt, il va peut être même gagner dans les 6 chiffres. Ça n’arrivera pas. Il tentera quatre fois de commencer son CÉGEP en sciences humaines sans maths infructueusement. Aujourd’hui il a une grosse job: il est gérant d’un café dans le Village et c’est lui qui fait toute ! Il travaille aussi comme busboy au Sky et danse parfois dans les spectacles au cabaret Mado. Quelqu’un lui a dit qu’il devrait auditionner pour danser avec Madonna.

 

Les plaisirs du stress Lundi, 27 octobre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 23:03

Me voici, de retour en onde. J’ai commencé mon quatrième stage en enseignement du français au secondaire ce matin à 8h30. Tout s’est bien déroulé (je pense). Comment savoir si tôt ? Je suis rentré à la maison bien propre, mes vêtements exempts de tout résidu alimentaire… ça devait pas être si pire.

Je vous écris donc en direct du fond de ma classe en regardant le même segment de Bram Stoker’s Dracula pour la deuxième fois en deux heures. Au bout de la sermaine, j’aurai vu le film dans son entièreté 5 fois en 5 jours. Et moi qui ai toujours été féru des romans gothiques… «Vous trouvez que ça me ressemble vous ?
-…
-Non… je ne suis pas d’accord avec vous, Buffy the Vampire Slayer ce n’est pas la même chose. C’est meilleur… je pense… »

Je suis donc assis au fond de ma classe et je regarde le film d’un oeil absent en écrivant ce billet et je suis si fatigué. J’ai tellement mal dormi. J’ai mis du temps à trouver le sommeil et j’ai vu chacune des heures au cadran. Je me souviens que quand j’étais petit, dans la bibliothèque familiale, il y avait un livre de psycho-pop qui s’appelait Les plaisirs du stress. Voyez comme la couverture est jolie, comme ça fait sérieux. Qu’il a dont l’air heureux !

Je vous jure que hier soir, ou plutôt la nuit dernière à 4h21 du matin, pour être exact, je les cherchais en maudit les plaisirs du stress (et je cherche encore) et j’aurais aimé pouvoir descendre chercher le livre dans la bibliothèque de mes parents pour voir quel fou parvenait à trouver le stress amusant.  Je m’endors presque sur le film en ce moment, mais je ne sombrerai pourtant pas. Je me dis justement que je pourrais ajouter dans mon rapport de stage une section dont l’intitulé serait  Comment, quand on a dormi 3 heures la veille, peut-on, du fond d’une classe aux lumières éteintes, regarder le même film pour la troisième fois en deux jours  sans s’endormir. J’ai pourtant tout essayé ce matin: la douche froide, une demi-heure de gossage sur Internet à 6h30 du matin pour essayer de m’inscrire aux cours de ma session d’hiver sur le SIT de l’UQÀM qui était en panne, 6 tasses de café… rien n’y fit.

Je termine en paraphrasant Céline Dion dans Les derniers seront les premiers (Quoi ? Il n’y avait rien de queer encore dans le post)

Quand le café même ne speed plus

 

Envies insatisfaites Mardi, 21 octobre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 1:24

J’ai tant envie d’écrire. J’ai aussi une folle envie de cuisiner du dessert. Mais l’heure serait un peu inconvenante pour ce type d’exercice, ou pour tout autre type d’exercices compte tenu du fait que j’ai deux examens demain. Je sais, j’ai quelque peu délaissé mon blogue au cours des deux dernières semaines. Trop de travaux, trop d’amis à voir et en plus, j’ai passé la fin de semaine à Québec. Je reviens demain avec plein de nouvelles aventures…

 

Double défi: thèmes de la semaine Mardi, 21 octobre 2008

Classé dans : DD - Du(o) — Alex @ 1:18

Cette semaine, dans la chronique Double défi, vous pourrez lire des billets portant sur les sujets suivants:

L’American Dream

Le Plateau Dream

Bonne lecture !

 

Déboires et délices d’Automne – Partie II Mercredi, 15 octobre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 2:43

Je rentre du travail. J’y ai passé une soirée affreuse. Non, ce n’était pas particulièrement occupé. En fait c’était plutôt mort. Non, je n’ai pas fait d’erreurs. En fait, mon travail était exemplaire et mon patron, probablement, plus que satisfait. En vérité, ces derniers temps, mon travail est une véritable prison. Pour tout dire, c’est un camp de travail. Je bosse toute la soirée comme un automate avec une boule dans la gorge. C’est tellement long, tellement peu gratifiant, que j’ai envie de démissionner à chaque instant. Ce soir, à plusieurs reprises, je me suis dit que je me saoulerais, lire me torcherais, en arrivant à la maison. Je ne le ferai pas finalement. J’écoute plutôt France Gall susurrer:

Si, maman, si
Si, maman, si
Maman, si tu voyais ma vie
Je pleure comme je ris
Si, maman, si
Mais mon avenir reste gris
Et mon coeur aussi.

C’est tellement puéril. Déboires à la 100.

Et pour oublier mon affreux boulot, pourquoi ne pas se pencher sur la case Délices de l’Automne 2008 en matantisant un peu ce blogue. J’ai reçu mes amis à souper la semaine dernière. Nous nous sommes régalés du pâté au poulet et de la croustade aux pommes que Benoit et moi avions cuisinés. Ça se peut tu ? Poser de la bouffe !!!  J’ai toujours trouvé ça tellement idiot !!  Non mais sérieusement ! À moins que ce soit pour un livre de recettes (ou dans le cas présent un blogue) à quoi ça sert ? J’imagine deux amies du Cercle des fermières qui regarde des photos: “Ah mon doux que ton gâteau avait d’l'air bon Denise ! Pis je te dis qu’il est bien posé à part de ça ! J’aimerais ça que t’en ferais un de même pour la fête de Jean-Guy!” (sic)

Malgré tous mes principes, je l’ai fait pour vous, j’ai posé ma bouffe. Tout était délicieux, mais jamais autant que l’entrevue de Céline Dion par Denise Bombardier que nous avons regardé en soirée. Je vous fournis le lien pour que vous puissiez en rire avec nous.

Je me passe de tout commentaire, je ne m’en fais pas pour vous, vous saurez bien quand le moment de rire sera venu. Sachez que nous l’avons regardé plus de dix fois ! Délices.

Malgré tout, malgré mon travail que j’exècre, malgré mes finances qui vascillent, malgré l’école qui m’emmerde, malgré le stage qui me stresse, j’applique avec conviction un X dans la colonne Délices pour l’ensemble de mon automne. Parce que je suis bien entouré. Parce que j’adore mes amis. Parce qu’ils sont là plus que jamais pour moi. Parce qu’il m’aide à rester optimiste. Parce qu’ils sont témoins, et même plus, de chacun des déboires et délices de ma vie. Je vous aime tellement. TELLEMENT !

 

Déboires et délices d’Automne – Partie I Mardi, 14 octobre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 1:45

Fin de session oblige, mes amis et moi nous sommes concentrés sur nos travaux (en théorie), mais surtout, nous sommes entraînés à faire la fête et avons décupler notre tolérance à l’alcool au cours de la dernière semaine. Entraîné,par eux, dans ce tourbillon de bières et autres spiritueux, je me suis couché presque tous les soirs, les idées trop embrouillées pour écrire quelque billet qui soit et je m’en excuse.

L’automne nous emmène un certain bonheur, mais nous plonge aussi dans une nostalgie qui entraîne certains excès. C’est ainsi, que je suis parvenu à m’expliquer tous mes comportements récents, et ceux de mes proches, dans cette succession de délices et de déboires automnales où il devient parfois difficile de distinguer l’allégresse de la détresse.

Tout à commencer par cette fête organisée par une amie de l’université. Une fête d’adultes matures et civilisés qui devait pourtant se terminer comme un véritable party d’adolescents en nous laissant une impression douce-amère. Le genre de soirée au cours de laquelle on devient, pour quelques heures, véritablement amoureux de ce garçon (ou de cette fille) que l’on croise tous les jours et pour qui nous avons toujours éprouvé une affection particulière sans jamais  se permettre de flancher. C’est ce qui est arrivé ce soir-là, mais pas seulement à moi. Le genre de soirée où tout est permis, où, pour utiliser une image éculée, les masques tombent et où l’alcool et autres substances réduisent les inhibitions à néant. Bref, une soirée qui s’achève aux premières lueurs du matin et où les protagonistes les plus endurants se retrouvent empiler les uns sur les autres dans un même divan, se disant à quel point ils s’aiment, avec comme trame sonore Across the Universe des Beatles interprétée par un guitariste amateur.

C’est ce soir là que j’ai confirmé toute l’affection que j’éprouvais pour mon ami Benoit (sans accent) et aussi pour mon amie Joelle (sans tréma) avec laquelle je me suis disputé ce soir-là. Quelle party de secondaire ne se termine pas par une quelconque discorde qui se réglera à l’école le lundi matin ? L’étrange amour empreint de désespoir qui régnait dans la fête ce soir ça me rappela tous les délices que j’avais su trouver à même mes déboires.

C’est ainsi que j’entrepris de classer mes expériences automnales sur deux colonnes, en déboires et en délices en commençant par cette nuit au cours de laquelle je me suis abandonné dans les bras d’un gars de huit ans mon cadet. Je vous vois déjà sortir vos stylos et, plus vite que l’éclair, cocher dans la colonne Déboires et vous n’auriez pas tout à fait tort. C’est d’ailleurs là, que moi-même j’ai coché avant de raturer et d’apposer allègrement un X bien gras du côté des Délices. Parce que j’ai constaté que certains gars de vingt ans étaient si doués au lit qu’ils nous donnent tout de suite l’envie de recommencer et qu’ils peuvent, comme par enchantement, transformer la désespérance en véritable félicité.

C’est par un beau dimanche après-midi que la colonne Délices s’est illuminée d’un nouveau X alors que mes amis et moi dans une envolée bucolique, nous sommes rendus jusqu’à Rougemont pour y cueillir des pommes et y admirer les couleurs de l’automne. Une belle de journée au cours de laquelle j’ai pu fuir toute l’attention que mes études réclamaient ce jour-là. Je suis rentré à la maison vers l’heure du souper avec un temps insuffisant pour tout faire. Du moins, pour tout faire bien… Déboires. Mais c’est un déboire auquel je suis habitué et qui a vite été remplacé par les délices qui m’emplirent la bouche lorsque je m’enfournai une cuillérée de beurre de pomme encore chaud que Benjamin et moi avons préparé ce soir-là.

Je ne pus toutefois pas surfer longtemps ces délices puisque le lendemain soir, je reçus un appel de détresse d’une personne de mon entourage dont je tairai ici l’identité. (J’utiliserai le féminin pour alléger le texte)  J’accourus chez cette amie pour lui remonter le moral. Je sonnai et la désespérée vint m’ouvrir la porte avant de se précipiter vers les toilettes pour y déboire… la soirée était encore jeune, mais mon amie était loin d’être à jeun. Après l’avoir écoutée pendant deux heures et l’avoir observée faire l’aller-retour entre le divan et les toilettes dans un demi-coma, je l’ai bordée avant de reprendre le métro pour rentrer à la maison. Définitivement: Déboires.

Dans le wagon, mes yeux croisèrent ceux d’un autre garçon. Moment magique. Je me suis senti complètement dépourvu de secret devant lui et déjà un peu épris. J’ai été encore plus éberlué lorsqu’il a ouvert la bouche pour m’inviter à prendre un verre… Délices…

 

Double défi: La valeur de l’Immaculé Mercredi, 8 octobre 2008

Classé dans : DD - Du(o), Vécu — Alex @ 2:46

Double défi no 1B

Je ne me souviens pas du jour, ou plutôt de la nuit, – j’imagine que c’était la nuit – où j’ai perdu ma virginité. Surtout que je l’ai perdu quatre fois… Pour un gay, c’est quoi perdre sa virginité ?!?  Je ne me souviens pas non plus d’avoir été vierge. Du moins, pas plus que je ne sente aujourd’hui que je ne le suis plus. Je vous entends déjà me huer et me rappeler à qui mieux mieux que je suis loin d’être vierge, mais la virginité n’est pas quantitative. On est vierge en se couchant, on ne l’est plus en se réveillant. On n’est pas plus vierge après avoir couché avec un partenaire qu’on l’est après dix. De la même manière, on n’est pas plus sale après trente qu’après trois.

D’un autre côté, je crois que la virginité est un état qui se renouvelle sans cesse. On peut perdre sa virginité tous les jours puisque chaque nouvelle expérience, chaque nouveau contact nous replonge dans un certain état virginal. À tous les jours, on fait des choses pour une première fois, comme on passe sa vie à faire certaines choses pour la dernière fois sans nécessairement se rendre compte qu’on ne les refera plus jamais.

J’ai peut être tout oublié de mes premières expériences sexuelles, sans doute parce que je les ai refoulées, mais je me souviens très bien du discours que ma mère tenait à l’époque sur la virginité. Pas que ma mère fut particulièrement prude, ou religieuse, en fait elle ne l’est pas du tout, mais parce que, comme moi, ma mère croit en l’amour. Ma mère disait, de manière très nuancée toutefois, que c’était important de choisir à qui l’on se donnait, que si on couchait à gauche et à droite on désacralisait en quelque sorte l’acte sexuelle. Elle affirmait aussi que les contacts sexuels devraient être réservés aux gens que l’on aimait sincèrement. Notre corps est un cadeau pour l’être aimé et si on l’a donné aux premiers venus comme une Marie-couche-toi-là, il ne nous restait plus grand chose à offrir.

Je n’ai pas entièrement évacué les propos de ma mère de ma vie. Je les ai réinterprétés pour en garder l’essentiel – au moins dans ma tête. On ne fait jamais vraiment l’amour que quand on aime vraiment. Le reste: c’est du cul.

 

Messages textes des vêpres Lundi, 6 octobre 2008

Classé dans : Reçu — Alex @ 0:21

Joelle

J’écoute du Board of Canada pis j’veux me tuer.

Alex

Benj conseille le Requiem de Mozart pour se tuer.

Joelle

J’ai même pas assez de culture pour mourir avec classe.

 

Double défi: premiers rendez-vous Dimanche, 5 octobre 2008

Classé dans : DD - Du(o), Vécu — Alex @ 5:11

Double défi no 1A

Je suis souvent allé au restaurant avec des étrangers. Presque aussi souvent que j’y ai mangé avec des étranges. Ces garçons d’abord, plus tard des hommes, fruits pour la plupart de rencontres virtuelles, ont tous été mes vis-à-vis. Ils se sont succédés au fil des ans, comme dans un long continuum, comme si moi, je n’avais jamais quitté la table. Malgré mon inclination pour les plaisirs gastronomiques, mes rendez-vous n’ont bien sûr pas tous eu lieu dans des restaurants. Toutefois, à maintes reprises, je me suis retrouvé dans de biens mauvaises postures…

Par une belle journée d’été, pas pour le cliché, mais parce qu’il faisait vraiment très beau ce jour là, je magasinais au Centre-Ville avec Benjamin. J’avais 22 ans. C’était la belle époque; celle où il était encore possible de trouver de beaux vêtements dans les magasins; celle où j’avais encore de l’argent pour me les payer. Dans les cabines d’essayage, je me pavanais dans un ensemble une pièce qui rappelait vaguement une chienne de mécanicien. Nos regards se croisèrent.

À quinze ans, dix-sept ans ou vingt-huit ans, j’ai toujours ressenti le désir monter en moi de la même manière. Je fige. Je fixe. Une onde diffuse se répand dans tout mon corps. Mon sourire s’élargit. Je ris. Je ris comme une idiote. D’abord intérieurement, puis, sans même le vouloir, je laisse le son s’échapper, généralement, ça sonne plus comme un gloussement. Je regarde Benjamin avec un grand sourire et il s’explique, sans la moindre hésitation, mon air ébaubi. Le plancher s’ouvre sous mes pieds, mais je flotte. Je flotte dans toute les directions.

Comme encore il nous arrive souvent de faire aujourd’hui, c’est Benjamin qui a fait tout le travail. Dans les bars, je demande fréquemment à Benjamin d’aller voir des gars en mon nom pour leur dire: “mon ami te trouve cute”. Remarquez que je n’ai jamais vraiment su ce qu’il leur disait réellement. C’est ainsi que cette fois-là, il m’a obtenu le numéro de téléphone de David Paradis. (Je peux le nommer, théoriquement il ne lie pas ce blogue)

Quelques jours plus tard, je me décide à l’appeler. Cette première date, je vous révèle tout suite le punch, serait aussi notre dernière. J’en oublie les détails. Je me souviens que nous sommes allés souper au Bistro 923 sur Rachel, je me souviens que nos pères portaient le même nom, soit Gaëtan avec un “e” tréma et non avec un accent, que par coïncidence mon père avait acheté un tour à bois de son père quelques années auparavant, que, quelques heures plus tard, j’allais me faire sauter par le fils de l’ex-propriétaire du tour à bois de mon père dans la pièce sise au-dessus dudit tour à bois.

Dans toute cette histoire, ce qui m’a le plus marqué, c’est que c’était une date exceptionnelle. David et moi nous étant vraiment bien entendu, je pris la chance de le ramener chez mes parents, où j’habitais toujours à l’époque. Il a dormi et bien plus chez-moi, avant de me laisser à l’aube en m’embrassant. Dans un élan de galanterie il m’a demandé de ne pas le raccompagner à la porte, prétextant qu’il aimait me regarder dormir et prétendant qu’il me rappellerait le soir même.

Je n’eus jamais plus de nouvelles. Jamais plu il ne répondit à mes appels, jamais plus il ne me rappela. Je n’y comprenais rien. Pour moi, la seule explication logique était la suivante: il était mort.

Au bout de deux semaines sans nouvelle, j’ai décidé d’approfondir mon enquête en téléphonant à son travail.

-Hostellerie la Rive-Gauche.

-Bonjour, j’aimerais prendre une réservation pour vendredi soir.

-Oui.

-Est-ce possible d’être assis dans la section de Davide Paradis ? demandai-je, bien confiant d’entendre la réceptionniste me répondre d’un ton affligé : “Je suis désolé. David est décédé”. Mais elle me répond plutôt, sans savoir combien ce qu’elle allait me dire pourrait me perturber:

-Oui, sans problème

Un ou deux silence se passèrent. Un sentiment de panique monta en moi: “Fuck ! Y est pas mort !”

-Vous aimeriez être dans sa section ?

-Pardon ? …excusez-moi… je vous parle d’un téléphone cellulaire… je vous entends très mal… je vais rappeler.

J’ai raccroché

L’humiliation même ! Et pour être bien sûr de ruiner ma réputation, lorsque je recroisai par hasard David Paradis sur la rue quelques semaines plus tard, je portais exactement la même chose que je portais lors de notre dernier rendez-vous.

Aujourd’hui, si j’accepte encore à l’occasion de partager mon vin avec un étranger, je n’ai plus l’impression que j’avais lors: celle d’avoir rendez-vous avec l’amour. Mais je suis content d’avoir su garder l’espoir à ma table.

J’y crois encore.