Ma vie sexuelle comme un jeu de serpents & échelles

Aventures sur un jeu de parchésie

Quelques arpents de pièges Dimanche, 30 novembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 4:40

Question bleu (géographie): Quel est le plus grand golfe du monde ?

Joueur no 1: Hum… le golfe du Mexique ?

Joueur no 2: Pas le golfe du Saint-Laurent en tous cas !

Joueur no 1: Tsé, au Japon là… Y a pas un golfe là ?

Joueur no 2: Je sais pas… mais il ne doit pas être gros. Tout est petit et efficace au Japon

Joueur no 3: Même les pénis !

 

Correction… du grand art Samedi, 29 novembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 15:45

Par ce beau samedi après-midi, en corrigeant compulsivement les nouvelles de mes élèves, j’ai découvert cette perle linguistique:

Je manipule avec difficulté mon corps. (sic)

Mon interprétation en langage courant: J’ai de la misère à me crosser.

Merci à mon élève pour tous ces rires.

 

Éphéméride Jeudi, 27 novembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 1:00

Moi

Salut ! Alors, on se voit toujours demain soir ?

Lui

Ouais ! J’ai lu ton blogue aujourd’hui. J’ai trouvé ça cute, mais je sens la pression. Il faut pas que je te déçoive ni que je déçoive tes lecteurs.

Moi

(rire niais)

Lui

J’ai décoré mon appart’ pour demain soir. Je suis en train d’accrocher une banderole « Bienvenue Alex ». Je te jure, j’ai passé la soirée au Dollarama.

Moi

(dans ma tête) Sweet ! Y est tellement drôle !

 

De la nécessité de surfer Réseau contact Mardi, 25 novembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 1:12

La semaine dernière, un de mes amis, en couple depuis un bon moment, est redevenu célibataire; Alex à la rescousse, je lui fait à souper. Il m’a raconté les hauts et les bas des derniers moments de sa vie amoureuse et les détails de sa récente rupture. Après souper, pour tenter de lui changer les idées, j’ai ressuscité une activité qui jadis, avant qu’il eut rencontré celui qu’il croyait être son âme soeur, était l’une de nos préférées. Nous passions lors beaucoup de temps à survoler les pages de Réseau contact et de la GangIRC, allant même parfois jusqu’à nous aventurer dans les bas fonds des réseaux de rencontre : Gay411.

Nos visites sur ces sites, généralement nocturnes – lire dans un état d’ébriété avancé -, n’ont jamais été teintées d’espoir. Elles nous amusaient, elles passaient le temps et parfois, peut être, servaient à nous remonter le morale: en naviguant sur les milliers de profils compilés sur ces sites, les chances de trouver chaussure à son pied sont bien minces, par contre, il est presque garantie que l’on y trouve pire que soi. C’est toujours réconfortant de savoir qu’on n’est pas le dernier des nuls et, pour emprunter l’expression hilarante d’une de mes très bonne amie, qu’on n’est pas le dernier à avoir piger notre face dans le sac à faces. Dans la théorie de mon amie, le sac à faces de l’univers n’est pas infini. Selon elle, la dernière à avoir pigé sa face est Marie-Élaine Thibert. J’imagine la scène: Marie-Élaine, devant Dieu, la mine déconfite en tirant son visage de la grande besace du Seigneur et en s’apercevant qu’il ne reste que celui là…

Trève de plaisanteries, je suis dans mon salon avec mon ami et je fais des singeries pour tenter d’égayer son humeur. Sans dessein ni hésitation, je me rends sur le site de réseau contact. Je ne suis pas certain que, ce soir là,  mes efforts pour réchauffer le coeur de mon ami aient porté fruit. Toutefois, je ne sais pas trop où, moi, j’ai marché, mais il semble qu’en naviguant sur les sites de rencontres, chose que je n’avais pas faite depuis plus de deux ans, j’aie appuyé, sans le savoir, sur une des tuiles du destin… J’ai une date jeudi…

N.D.R.  Ça fait beaucoup d’incises dans une phrase ça…

 

Mea culpa Samedi, 22 novembre 2008

Classé dans : Bourru — Alex @ 1:21

Je vous sers mes plus plates excuses. J’ai bien tenté de trouver du temps pour écrire cette semaine, mais mon stage m’a accaparé. J’ai bien tenté d’écrire quelques billets, mais je suis comme un zombie. Quand en fin de soirée, j’ai un petit 15 minutes de liberté avant d’aller me coucher pour mieux recommencer ma journée à 6h du matin le lendemain, c’est à peine si j’arrive à enligner deux mots. S’il vous plaît, soyez indulgents, je vous promets de revenir en pleine forme, si ce n’est ce week end, au moins le week end prochain. J’ai hâte !

 

Le «gayrage» Lundi, 17 novembre 2008

Classé dans : Bourru, Tu — Alex @ 2:47

Je n’ai jamais aimé les hommes. À leur abord, je me tais. Il ne m’inspire rien ou lorsqu’ils le font, ils m’inspirent le dégoût, la frustration, la condescendance, mais très rarement le respect. Bien sûr, ma pensée n’est pas univoque et il y a bien sûr ces hommes extraordinaires, généreux et sensibles qui ont su se tailler une place dans ma vie. Ce sont des hommes qui, à mes yeux, ressemblent à de véritables êtres humains.

C’est mon incompréhension du genre masculin qui me perturbe. Je ne me suis jamais senti femme, mais je ne me suis jamais senti homme non plus. J’arrive rarement à percer le mystère d’un homme et sa sensibilité. Fait encore plus étrange, au contact d’un homme, je me sens tout petit. Très petit.

On peut dire que je suis bien de mon temps et de ma société. J’ai beau tenter d’y échapper, mais dans mon iconographie de la masculinité, comme dans celle de milliards de personnes, l’homme symbolise la force, la puissance et surtout la protection; paradoxalement, c’est à la fois ce qui m’attire et ce qui m’effraie chez les hommes.

En tant que gay vivant dans un monde d’hommes et de femmes, j’ai dû développer des stratégies pour arriver à socialiser habilement avec des gens de tout genre. Ma première solution fut la suivante: me taire. Bien que cette solution soit très efficace, elle n’est que palliative. Je ne peux pas passer et, surtout, ne veux pas passer ma vie à me taire devant les hommes. J’ai aussi pensé à fuir. Lorsque je suis entouré d’hommes, il m’arrive de prendre mes jambes à mon cou, mais cette solution pose le même problème que la première, sans oublier que l’on a parfois besoin des hommes…

Lorsque je suis terrifié par la virilité que dégage un homme, j’ai parfois recours à l’imitation. Toutefois, si je parle je suis cuit. Je fait semblant d’être hétéro: marcher les jambes écartés, avoir l’air chill, dodeliner de la tête, faire la gueule et surtout dissimuler le plus possible le rose de mon t-shirt sous ma veste noire.  C’est pratique, mais ça ne règle toujours pas le problème de communication. C’est pourquoi, j’ai dû faire des études. J’ai appris, comme un perroquet, quelques éléments de culture de gars pour qu’ils arrivent à croire que je suis un de leur chummy. Quelques noms de joueurs d’hockey et aussi quelques règlements. Par exemple je sais ce qu’est un tour du chapeau. Il faut aussi savoir le nom de 3 ou 4 pièces automobiles, même si on n’a aucune idée de ce à quoi elles servent. Il m’a aussi fallu apprendre à regarder des films d’action et à en connaître les héros Finalement, j’ai appris, non sans difficultés, à me débrouiller à quelques jeux de tir subjectif pour éviter d’être mis à l’écart dans une soirée.

Cette dernière solution marche assez bien si l’on est prêt à s’inscrire dans un programme de formation continue. Il faut être de son temps. Parler de Vincent Damphousse en 2008 est une erreur qu’un gay ne peut absolument pas se permettre s’il ne veut pas perdre tout le terrain, et le respect, qu’il a déjà gagné auprès des hommes. Il faut s’assurer de mettre constamment à jour ses connaissances.

Je ne suis pas misandre. Malgré tout ce que j’ai pu écrire depuis le début de ce billet, j’aime beaucoup les hommes et j’ai beaucoup d’amis hétérosexuels que j’adore. De plus, je ne voudrais jamais devenir un gay ghettoïsé au possible. J’aime la diversité: je la célèbre !  Seulement, au contact de certains hommes, je suis mal à l’aise et je ne sais pas trop comment les aborder. Je ne suis pas le seul. La plupart des mes amis gays éprouvent le même sentiment que moi. Je crois même que, de tous mes amis, je suis celui qui apprécie le plus la présence des hommes hétérosexuels. Je me suis d’ailleurs retrouvé à maintes reprises dans une proximité plus qu’approximative d’hommes hétérosexuels.

Dernièrement, un de mes amis gays a dû surmonter ses peurs avec beaucoup de courage en se rendant au garage pour faire un changement d’huile sur sa voiture. Aller au garage ! Quelle expérience traumatisante pour un gay ! C’est déjà traumatisant pour une femme et en plus, elles ont le pouvoir de séduction dans la balance… Imaginez pour un gay !

Pour en venir aux faits, mon ami devait stationner sa voiture au-dessus d’une fosse par laquelle les mécaniciens, à partir de l’étage inférieur, pourraient avoir accès au dessous de sa voiture. Légèrement stressé, mon ami, qui est pourtant un excellent conducteur, s’est mal garé. Répondant à la demande du mécanicien, il repositionne la voiture. Sans même qu’il ne comprenne ce qui est en train de lui arriver, sa roue avant va se loger, oui oui, vous l’aurez deviné, dans la fausse ! La voiture est à-demi suspendu dans les airs au-dessus du trou et surtout indélogeable ! Le garagiste poli, autant qu’il est possible de l’être, a fait venir une remorqueuse qui arriva au bout d’une heure et d’un paquet complet de cigarettes. Et voilà… d’un seul coup toute la confiance qu’il s’était bâtie et sa dignité se sont envolés.

L’autre soir, en riant de cette histoire autour d’une bouteille de vin, nous avons eu l’idée d’ouvrir un garage qui viserait une clientèle homosexuelle. On y servirait bien sûr du champagne et autres cocktails dans des salles d’attente luxueuse, mais on serait surtout servi par des mécaniciens gay-friendly vêtus de chiennes de designers qui seraient bien sûr accessorisées au goût du jour. On pourrait trouver à même le garage, que nous avons baptisé, le «gayrage», un salon de coiffure et quelques lits bronzants. Je vous le dis moi, y’a une piasse à faire avec ça !

 

Essayez cette orthographe: blogue gay idiot Mercredi, 12 novembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 15:17

La communauté des bloggers est vaste et, à plusieurs égards, prospère. Aux détours du Web, on peut trouver les écrits de nombre de personnes brillantes qui nous émeuvent, nous font rire, réfléchir, etc. Je pars souvent à l’aventure, dans la  blogosphère voyageant de blogue en blogue en utilisant les blogrolls comme des Warp Zones.

Hier soir, désireux de découvrir et peut être même d’ajouter un blogue gay à mon propre blogroll, je suis parti en expédition sur Google Blogs. Mes critères ? Je voulais trouver un  blogue gay écrit en français, mais surtout pas par un Français. Je voulais un blogue où l’on parlait tant de choses personnelles que l’on discutait de politique, où l’on débattait d’idées, gay ou pas. Un blogue gay, mais aussi humain et authentique.

Quelle ne fut pas ma surprise/déception de voir Google  me servir la réponse suivante : Les termes de recherche spécifiés ne correspondent à aucun document.  J’aurais eu beaucoup plus de chance avec les termes: blogue AND gay AND idiot. Alors là, on se retrouve avec des milliers de résultats. J’ai trouvé plusieurs blogues gays, dont certains basés au Québec, qui présente des photos d’hommes musclés plus ou moins nus sans même se donner la peine de commenter. J’ai même trouvé un site qui nommait des photos de gars d’après des titres de chanson de Mylène Farmer en ne souciant guère qu’il n’y ait aucun lien entre les deux. Sans oublier le blogue qui citait de manière éloquente les paroles de la chanson La différence de Lara Fabian… J’ai vômi un peu dans ma bouche. Si c’est ça être gay, autant mourir.

Voici un exemple de ce que vous auriez pu trouver sur ces blogues:

Ainsi soit je

chris-evans-10

C’est tout ! Pertinent non ?

Découragement complet ! Mes conclusions :

1 – Un blogue gay intelligent ça n’existe à peu près pas.
2 – Tous les gays sont idiots jusqu’à preuve du contraire.
3 – Tous les gays sont obsédés par la sexualité

Ça fait mal de confirmer ces stéréotypes. Je continue mes recherches dans l’espoir de trouver quelque chose de plus intelligent. Si au passage vous tombez sur un blogue gay ET intéressant, faites-le moi savoir. Je suis curieux.

 

Chroniques queer no 3 Mardi, 11 novembre 2008

Classé dans : Chroniques Queer, Tu, Vécu — Alex @ 17:17

Puis, il y a eu mon premier kick; à douze ans, dans les vestiaires de l’école secondaire, je le regardais se dévêtir comme hypnotisé. J’évitais toutefois de le laisser paraître ou du moins, je croyais que ça ne paraissait pas. Honnêtement, je pense que ça ne paraissait pas, mais ma subtilité dans ce domaine a été mise en doute maintes fois. À l’époque, j’ignorais tout de mon désir; je ne savais même pas ce qu’était que de désirer autre chose qu’un objet matériel.  J’ignorais aussi que je pouvais avoir du désir pour les garçons.

Dans notre société, est-il réellement possible pour un enfant de se projeter/reconnaître en tant qu’homosexuel ? Janette Bertrand peut bien publier tous les À la découverte de mon corps qu’elle veut, il n’y aura jamais de livre assez inspirant pour pallier la sous-représentation des homosexuelles dans l’éducation des enfants. Pourquoi, pour une fois, juste une fois, le Prince charmant ne pourrait-il pas sauver un Beau au Bois dormant ?

À un âge plus que tendre, les enfants sont confrontés à des questions d’identité sexuelle et les parents sentent bien sûr le besoin d’y mettre leur grain de sel, et dans certain cas toute une carrière, pour éviter toute déviance. En  interprétant des gestes d’enfant de deux ans comme ceux d’un adulte ils font entrave au développement autonome d’une identité sexuelle chez l’enfant. Ce faisant, ils renforcent le sentiment d’exclusion que pourrait avoir l’enfant s’il s’avère ne pas correspondre à la normalité du genre auquel il appartient.

Pire encore, les parents, obnubilés par la cuteness aiment bien prêter des émotions et, surtout, des intentions d’adultes à leurs enfants. La mère voit, dans le mouvement de tête maladroit d’une petite fille dont la coordination motrice n’est pas au point, une tentative de séduction. Le père, voyant son fils de 16 mois dans la pataugeoire agripper la fesse d’une petite fille en couche se fait gloire de l’apparition d’un désir sexuel précoce chez son Tinhomme.

L’homosexualité est sous-représentée et si, dans certaines familles, la sexualité est longtemps un tabou, l’homosexualité est aussi, dans les pires cas, montrée comme une perversion, comme quelque chose dont il faut avoir honte et qu’il faut cacher. Ainsi, l’adolescent, confronté aux questions d’orientation sexuelles qui surviendront nécessairement un jour ou l’autre, disposera de bien peu de ressources pour faire des choix éclairés. L’enfant qui s’avère être queer vivra plusieurs mois, voire plusieurs années, dans le secret et dans la honte; cette honte et cette incompréhension l’empêcheront de s’épanouir pleinement et nuiront à son développement. D’autant plus qu’il se verra souvent ostracisé par ceux qui auront donné la bonne réponse à la question: “Par quel sexe es-tu attiré ?” et qui, par le fait même, verront leur identité sexuelle se fixer plus rapidement. Qui dit identité sexuelle mieux définit, dit aussi plus grande confiance en soi, dit aussi plus grand pouvoir d’oppression sur ceux qui ne sont pas normaux. En faisant le choix social de ne pas instruire les jeunes de manière plus hâtive de l’homosexualité, on légitime la discrimination.

Cela dit, issu d’un milieu familial libéral, pour ne pas dire aux moeurs légères, je n’ai jamais entendu mes parents profanés quelques insultes que ce soit à l’endroit des personnes queers. On ne m’a jamais dit non plus que c’était un tabou ou une perversion. Toutefois, jusqu’à l’âge de 15 ans, j’ai probablement souffert de la sous-représentation de l’homosexualité dans la société et plus particulièrement, dans l’enfance. Un manque d’éducation qui m’empêchait de nommer mes désirs et de les vivre ouvertement.

Tout ça pour dire que la première fois que je l’ai vu, lui,  dans les vestiaires, je n’ai pas immédiatement compris ce qui m’arrivait. Quand j’y repense aujourd’hui, Il n’était pas nécessairement mon type. Il était beau, mais pas comme dans mes rêves. Je me souviens qu’il avait des poils aux aisselles et qu’il était le seul à le faire à cet âge. Cette image qui devait marquer mon adolescence et qui resterait graver dans ma mémoire jusqu’à ce jour deviendrait aussi l’un de mes nombreux fétiches.

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