Ma vie sexuelle comme un jeu de serpents & échelles

Aventures sur un jeu de parchésie

Attendrissement passager Lundi, 22 décembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 3:03
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J’ai volé l’intitulé de ce billet chez J., Pédagogue-à-gogo qui l’utilise régulièrement comme libellé.

J’ai tenu ça mord. Pour ne pas tenter le diable, j’ai décidé de ne pas vous en parler trop rapidement, ce qui aurait aussi signifié que je m’emballais trop rapidement. Et, aussi, c’est vrai, je m’emballe trop rapidement. Je n’ai pas su résister à la tentation de vous en parler.

J’ai une amie, que je vois rarement, mais que j’aime beaucoup, qui m’a lancé tout bonnement sur Facebook qu’elle avait quelqu’un à me présenter; un serveur du restaurant ou elle-même est sommelière. Mi-désillusionné, mi-intrigué – malgré l’échec incompréhensible de ma dernière date – je décide de me prêter au jeu.

Comme je vous l’ai déjà dit, je suis toujours optimiste et comme je me suis cassé la figure une bonne quinzaine de fois, pourquoi ne pas profiter de mon expérience dans le domaine et ne pas recommencer. Juste pour voir si ça fait moins mal ou si c’est moins humiliant que la dernière fois. Juste pour savoir si je suis complètement désensibilisé parce qu’on ma greffé un coeur en métal ou si je suis encore capable d’attendrissement. Ma vie sentimentale n’est pas très tumultueuse, mais j’aime bien aller vérifier régulièrement, si toutes les pièces nécessaires sont encore là et si elles sont bien huilées, bref, si ça marche encore pour moi.

De toute façon, qu’est-ce que ça pourrait bien faire si je me plantais encore; une fois de plus, une fois de moins. Je disais justement à Joelle, récemment, que je n’avais plus vraiment peur d’avoir mal. Je crois encore à l’amour et je suis encore capable de m’enflammer, mais si tout flanche soudainement, je suis rarement triste. Souvent déconcerté, parfois déçu, mais rarement triste. À peine plus triste qu’on l’est après avoir gagné un billet de loterie perdant: «Eh bien ! Ça sera pour une prochaine fois…» Je suis de ceux qui pense qu’il faut jouer souvent si on veut finir par gagner. Autant, je n’achète jamais de billets de loterie, autant je suis enclin à me prêter aux jeux de l’amour

Alors voilà, j’ajoute le garçon en question à ma liste d’ami Facebook et c’est parti. En bon freak que je suis, je prends une heure pour passer au travers de tout ses albums photos et de tous les posts sur son wall pour voir qui il est. Je regarde à qui il parle et de quoi. Déformation professionnelle, je ne peux m’empêcher de regarder s’il fait des fautes. (Le pire, c’est que mon blogue doit être bourré de fautes) Au terme de cette longue inspection, je décide qu’il a l’air d’un bon gars et que surtout, il est vraiment cute.

Nous avons passé le début de la semaine à nous envoyer des messages. Je me rends compte que ça fait plus d’un an que je le vois presque tous les jeudis au Parking et que je n’ai jamais osé l’aborder. Puis mercredi, vers 4 heures du matin, je suis saoul; il est saoul, on se rencontre sur la messagerie de Facebook. Je sais à peine comment il s’appelle et je suis déjà excité. On finit par se dire qu’on va aller prendre un verre dimanche soir.

J’avais prévu ne pas sortir jeudi soir, mais bien sûr, il est arrivé ce qu’il devait arriver, je suis sorti quand même… Il était là; j’étais là. Je l’ai vu, je me suis approché, il m’a enlacé et m’a embrassé sur-le-champ. Wow  ! Je ne m’étais pas senti bien comme ça dans les bras d’un gars depuis longtemps. Il est plus grand que moi, plus costaud et surtout plus fort. Je me suis retrouvé sur le dancefloor a dansé avec lui comme une greluche et soudainement, j’ai senti mes pieds quittés le sol. Il venait de me soulever et de m’asseoir sur ses hanches, tout ça en dansant, et il m’embrassait à bouche que veux-tu. Il m’a tenu comme ça pendant 1 ou 2 minutes, je ne sais plus, mais j’étais complètement subjugué par tant de force déployée.

À la fin de la soirée, nous sommes sagement rentrés, chacun de notre côté en nous promettant de se retrouver dimanche soir. Depuis jeudi , il m’a téléphoné à chaque jour. Je lui avais dit que je pensais aller au Unity samedi soir et il m’avait dit qu’il ne pourrait pas être là, car il devait aller au party de départ d’une de ses collègues. Il n’est pas venu au Unity hier soir, mais il m’a envoyé un texto pour me dire qu’il avait tenté de convaincre ses amis de faire une incursion dans le Village. Je dois avouer que je lui ai accordé plus d’un point pour l’effort.

Il m’a appelé cet après-midi pour annuler notre rendez-vous de ce soir (Félix, tu vois bien qu’il ne fallait pas que je m’emballe trop vite), premièrement en raison de la tempête de neige qui s’abbattait sur la ville, deuxièmement, parce qu’il avait trop bu hier soir et qu’il avait un mal de tête carabiné. À entendre sa voix, j’ai plutôt eu tendance à le croire. En plus, ça m’arrangeait un peu, parce que ça fait deux jours entiers que mon meilleur ami et moi passons à préparer des confiseries pour les Fêtes et le travail n’avance pas aussi vite qu’il ne le devrait. Je lui ai parlé sur Facebook vers 23 heures, il s’en allait dormir pour récupérer de sa virée de la veille. Il devrait me téléphoner demain. À suivre…

 

Éphéméride: confiserie Lundi, 22 décembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 1:42
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Moi

J’ai fait des Turtles maison avec mon coloc. C’était tellement compliqué ! Ils auraient été meilleurs si on les avait achetés !!!

Elle

Mais il y a l’amour !

Moi

Ça a pris comme 10 heures juste pour des osti de Turtles. On a jeté un chaudron plein de caramel dans lequel il y avait un kilo de pacanes. Pis ça coûte plus cher à faire qu’en acheter tout fait en plus !

Elle

Ouin… Pas très rentable…

Moi

Sont même pas finis, sont même pas beaux, pis sont ben ordinaires à manger.

Elle

Vous avez réussi à en rire et vous êtes toujours des amis? Alors vous êtes prêts pour le mariage. Ça doit être comme le papier peint, faire des Turtles

 

Double défi: L’American Dream Samedi, 20 décembre 2008

Pour tous les nouveaux lecteurs et aussi pour ceux qui ont la mémoire courte, J., Pédagogue-à-gogo et moi avions initié, en octobre, un projet de billets collectifs que nous avions intitulé Double défi. (Vous trouverez toutes les règles en suivant le lien qui précède).  Session intensive, fin de session et stage ont fait en sorte que nous avons manqué de temps pour répondre à notre obligation, mais nous voici de retour en ligne…

Life, Liberty & the Pursuit of Happiness

C’est un défi que je tarde à relever. Lorsque nous nous donnons des défis, J. et moi tentons toujours, en quelque sorte, de nous piéger mutuellement, en proposant à l’autre un sujet qui est hors de son champ d’expertise. En octobre dernier, lorsque j’ai annoncé à Joelle que le sujet que j’avais choisi était l’American Dream, elle semblait bien réticente. Je suis toutefois parvenu à la persuader que ce n’était pas si difficile. Ainsi, Joelle a relevé, sans attendre, le défi que je lui avais lancé. Paradoxalement, c’est moi qui suis resté derrière et c’est moi qui traîne toujours de la patte.

Au moment où j’ai proposé ce thème, j’étais plongé dans la lecture de L’Hotel New Hampshire de Jonh Irving, un roman qui, soit dit en passant, est un de mes préférés et que je recommande à  chacun de mes lecteurs. Si vous vous cherchiez un livre pour occuper votre temps pendant le temps des fêtes, ne cherchez plus, vous avez trouvé. C’est un roman qui met en scène une famille américaine on ne peut plus rêveuse  et dont l’intertexte est truffé de références à la littérature américaine.

J’avais donc choisi d’écrire une nouvelle qui mettrait en scène le rêve américain, mais l’écriture étant ce qu’elle est, mon projet a pris beaucoup d’ampleur que je ne l’avais prévu. J’ai toujours pour projet d’écrire cette nouvelle et de la partager avec vous, mais c’était beaucoup trop élaboré pour que je vous la présente dans le cadre de cette chronique.Voici donc ce que je vous propose en attendant de vous présenter ma nouvelle.

Life

Derrière la notion de rêve américain, il y a l’idée selon laquelle tous les hommes sont libres et égaux et qu’ils ont donc, par le fait même, une chance égale à la vie. Dans cette conception idéalisée de l’Amérique, nul ne peut faire entrave au bonheur d’autrui. Cette idée préconçue et largement véhiculée par l’industrie du cinéma au début du XXe siècle a été le moteur d’une vague migratoire et pour plusieurs des ces gens venus d’ailleurs, cette migration s’est soldée par la désillusion.

L’Amérique est un beau continent et il y fait certainement bon vivre. Tous les habitants de l’Amérique du Nord peuvent même se dire, dans une certaine mesure, qu’ils auront gagné au moins une fois la loto, le jour où ils sont nés en Occident. On peut bien dire du mal de l’Amérique, mais quel Nord américain serait prêt à sacrifier sa qualité de vie afin que l’on puisse venir en aide aux nations qui en ont besoin ? Ce n’est pas aussi simple que cela, mais je crois (et ce n’est pas une grande vérité) qu’une société n’est pas seulement déterminée par ses institutions, mais aussi par chacun des membres qui en fait partie

Cela dit, bien que le rêve américain ait été pour un trop grand nombre de personnes une épouvantable lubie, il faut tout de même avouer qu’en Amérique, il y a quelque chose de précieux: l’espoir.

Liberty

La liberté est la dimension du rêve américain qui me touche le plus en tant que jeune homosexuel dans la vingtaine et pour ça, je devrais bénir l’univers jusqu’à la fin des temps. J’ai eu la chance de voir le jour au sein d’une famille que j’adore et qui a été bien plus que tolérante, mais pleinement intégrante. J’ai eu la chance de rencontrer des gens extraordinaires et d’être entouré d’amis fabuleux qui m’ont permis de m’épanouir. Je chéris aussi mon coin d’univers, ma ville, Montréal où j’ai toujours pu vivre en sécurité et où je n’ai jamais eu à me cacher.

Tout n’est pas gagné. Il reste encore autant, sinon plus, de travail à accomplir qu’il en a déjà été fait. Une lutte de chaque instant est nécessaire pour élargir le spectre de la liberté, mais au moins, nous avons le droit d’agir sur notre destinée.

Pursuit of Happiness

La poursuite du bonheur ne se fait pas sans heurt et est un concept indissociable des deux premières composantes du rêve américain, puisque leur existence est une condition sine qua non à la réalisation de soi et au succès. Encore faut-il être en mesure de définir le succès. Le problème dans la société nord américaine, c’est que la notion de succès n’est pas plurielle, mais tout à fait unidimensionnelle. Si on est hétéro, il faut tenter de se rapprocher le plus possible de la norme; si on est gay, il faut tenter le plus possible d’imiter les hétéros. Le concept social de succès est beaucoup plus vaste, mais je ne m’attarderai pas à le définir ici: je m’en garde pour un prochain billet.

La poursuite du bonheur est sans aucun doute la quête la plus ludique qu’il soit, l’essence même de la vie. C’est aussi ce qui apporte les plus grandes désillusions. Mais dans une certaine mesure, on aime ça le drame, ça fait quelque chose à raconter; à bloguer.

 

Tague Mercredi, 17 décembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 3:51
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J’avais commencé à vous écrire un billet, mais je me suis perdu en cours de route. J’ai vu trop grand comme ça m’arrive souvent. J’ai mis ça de côté pour ce soir, mais je ne voulais tout de même pas vous laisser sur votre faim. Je me suis donc prêté à une tague à laquelle deux blogueurs que je lis (The Citizen, Félix) avaient déjà répondu. Il s’agissait tout simplement de faire un copier/coller de la liste et de mettre en évidence ce qu’on avait déjà réalisé. Je me suis permis d’ajouter des commentaires… La tague originale était en anglais, comme je blogue en français, je l’ai traduite. Voici:

J’ai déjà:

1. Parti un blogue  personnel (Da !)
2. Dormi sous les étoiles (Sur une trampoline ! Wow !)
3. Joué dans un orchestre
4. Été à Hawaii
5. Vu une pluie de météorites
6. Donné plus que je ne pouvais me le permettre par charité
7. Été à Disneyland/world
8. Escaladé une montagne (dans les Blue Mountains en Australie)
9. Tenu une mante religieuse dans mes mains
10. Chanté en solo
11. Sauté en bungee
12. Visité Paris
13. Assisté à un orage au bord de la mer
14. Appris un art par moi-même
15. Adopté un enfant
16. Eu un empoisonnement alimentaire (une expérience mémorable)
17. Monté dans la Statue de la Liberté
18. Cultivé mes propres légumes

19. Vu la Joconde (Voir, c’est un bien grand mot. On passe plus devant dans une grande filée de japonais. T’as même pas le droit de t’arrêter devant !!! C’est laid de toute façon. [J'ai le droit de le dire, je suis historien de l'art])
20. Voyagé en train de nuit (Je pense que j’ai jamais autant ri que cette nuit là. Brisbane/Melbourne en train, c’est long longtemps)
21. Participé à une bataille d’oreillers (Notamment avec mon Alex)
22. Fait du pouce (Si ça n’a pas marché, ça compte tu quand même ?)

23. Callé malade sans l’être réellement.
24. Bâti un fort de neige (Un pis un autre… mais moi j’étais plus du genre Bonhomme de Neige. Moi, la guerre…)
25.Pris un agneau dans mes bras
26. Pris un bain de minuit

27. Couru un marathon
28. Fait un tour de gondole à Venise
29. Vu une éclipse totale
30. Regardé un lever ou un coucher de soleil (Y a tu vraiment quelqu’un qui n’a jamais fait ça ?!?)
31. Frappé un coup de circuit (J’ai pas l’air de ça, hein ?)
32. Fait une croisière (sur le Richelieu avec des petits vieux, ça compte ?)
33. Visité les chutes Niagara (C’est gros, pis y a ben de l’eau. Prenez pas de photos, de toute façon, y vont toutes être pareil…)

34. Visité le lieu de naissance de mes ancêtres
35. Visité une communauté Amish
36. Appris une nouvelle langue de manière autodidacte
37. Eu assez d’argent pour être pleinement satisfait (pas en ce moment en tous cas)
38. Visité la Tour de Pise
39. Fait de l’alpinisme
40. Vu le David de Michel-Ange (une réplique dans un centre d’achat cheap, ça compte ?)
41. Chanté dans un karaoke (Plus souvent qu’à mon tour. Mon runner, c’est Fame)

42. Vu jaillir le geyser Old Faithful
43. Payé le repas d’un étranger au restaurant (trop souvent)
44. Été en Afrique
45. Marché sur une plage au clair de lune
46. Été transporté en ambulance
47. Posé pour peintre/artiste
48. Pêché en haute-mer
48A. Péché en haute-mer
49. Visité la Chapelle Sixtine
50. Monté dans la tour Eiffel (je l’ai vu,mais je trouve ça pointless de monter dans les tours. Moi, payer 30 piastres pour faire: “Les autos sont petites, hein ?” Non merci.)
51. Fait de la plongée en apnée
52. Frenché sous la pluie (C’est tellement le fun !!!)
53. Joué dans la boue
54. Vu un film au ciné-parc
55. Joué dans un film (en anglais au secondaire)

56. Vu la muraille de Chine
57. Fondé une entreprise
58. Pris des cours d’arts martiaux (Kung-Fu, Capoeira)
59. Visité la Russie
60. Servi dans une soupe populaire
61. Vendu des biscuits pour les Jeannettes (J’imagine que c’est une référence américaine, moi, j’ai vendu du chocolat, pis j’ai même vendu des sacs à vidange. Oui, oui ! Criss de belle campagne de financement.)
62. Fait une croisière à la baleine

63. Reçu des fleurs sans raison (c’est moi qui me les étais fait livrer)
64. Donné du sang, des plaquettes ou du plasma. (J’suis gay, donc j’ai pas le droit. Si c’est pas de la paranoïa collective ça, je sais pas c’est quoi )

65. Sauté en parachute
66. Visité un camp de concentration nazi
67. Fait un chèque sans provision (Un seul et c’était accidentel. C’était le cadeau de noces de mon frère !! Imaginez ! Je peux tu mourir de honte pour l’éternité ?)
68. Fait un tour d’hélicoptère
69. Gardé des jouets en souvenir de mon enfance
70. Vu le monument à Lincoln
71. Mangé du caviar (I’m so sick of it !!!)
72. Cousu une courtepointe
73. Été à Times Square
74. Visité les Everglades
75. Été congédié d’un emploi (Parce que j’ai fait une grimace à mon boss)
76. Assisté à la relève de la garde à Buckingham Palace
77. Eu une fracture
78. Fait de la moto
79. Visité le Grand Canyon
80. Publié un livre
81.  Visité le Vatican
82. Acheté une voiture neuve
83. Foulé le sol de Jérusalem
84. Eu ma photo dans le journal (plusieurs fois même; il y avait même des articles pour aller avec les photos)
85. Lu la Bible en entier
86. Visité la Maison blanche
87. Tué et paré un animal pour le manger
88. Eu la varicelle
89. Sauvé la vie de quelqu’un
90. Été juré(e)
91. Rencontré une célébrité
92. Joint un club de lecture
93. Perdu un être cher
94. Eu un enfant (avec les amis que j’ai, c’est tout comme)

95. Visité la Mission Alamo
96. Baigné dans les eaux du Grand Lac Salé
97. Été poursuivi en justice
98. Eu un cellulaire
99.
Été piqué par une abeille
100. Fait une promenade à dos d’éléphant

 

De retour sur les bancs d’école… Lundi, 15 décembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 10:11
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En ce lundi matin pluvieux de décembre, je suis repassé de l’autre côté de la barrière. Ça fait à peine trente minutes que je suis de retour sur les bancs d’école et je blogue déjà pendant mon cours. Ça promet pour la session d’hiver…

Je suis en train de me réveiller tranquillement dans le local A-1840 de l’UQÀM. En attendant que mes 6 tasses de café embarquent, j’essaie de me concentrer le mieux possible sur ma rencontre post-stage. Dans mon cas, ma seule présence dans le local témoigne d’un état de concentration avancé.  Mon superviseur de stage, qui à l’air d’un frère défroqué, vient de nous annoncer qu’il va falloir faire un rapport de stage classique; un rapport dull, comme lui.

 

Inner Geek Samedi, 13 décembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 17:12
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J’ai terminé mon quatrième stage en enseignement du français au secondaire jeudi soir à 21h30. Je suis à la fois fier et soulagé. Après 7 semaines de réflexion, de planification et de correction, je m’accorde enfin la permission d’être un légume. Je devrai remettre mon rapport de stage vendredi prochain, mais je suis bien résolu à ne rien faire jusqu’à lundi, en fait, à ne rien faire d’utile.

Ce soir, je fais la fête avec mes amis pour célébrer la fin de mon stage et leur fin de session. Je me suis réveillé à 9h ce matin et depuis, j’ai l’impression d’attendre que la soirée arrive. Je n’ai jamais été aussi désemparé de n’avoir rien à faire. Il y a si longtemps que je n’ai plus eu de temps libre, on dirait que je ne sais plus comment on est censé s’occuper.

Si vous me connaissiez personnellement, vous sauriez que je suis l’antithèse du geek. Je ne l’ai jamais été, n’en ai pas l’apparence ni les intérêts.  Cependant, ces deux derniers jours, j’ai l’impression que mon inner geek tente de s’exprimer. Après être sorti au Parking jeudi soir, j’ai dormi chez Simon. Nous nous sommes réveillés à 13h et avons joué à Heroes of Might and Magic III tout l’après-midi. C’est tellement nerdy de jouer à un jeu d’ordinateur produit en 1999 en jurant que c’est la meilleure version du jeu qui n’a jamais été faite et en s’obstinant à savoir quelle est la meilleure race entre les Tower (prononcé tâweur et bien sûr) et les Inferno.

Ensuite, en bon geek solitaire, je suis revenu chez moi pour souper et j’y ai passé toute la soirée. Encore une fois, si vous me connaissiez, vous sauriez que ce n’est vraiment pas mon genre de passer un vendredi soir à la maison. (pour plus de détails, vous pouvez vous référer à mon premier post). Mon côté geek a refait surface pour la deuxième fois dans la même journée: j’ai décidé de me retaper la cinquième saison de Buffy the Vampire Slayer.  En fait, je sais pas trop si c’est mon côté geek ou mon côté gay, mais j’en ai regardé jusqu’à 3h du matin hier soir et de 9h à 13h aujourd’hui… J’aime vraiment ça.

Cependant, à 15h, après avoir fait un peu de ménage dans mon réfrigérateur et jeter aux ordures les citrons poilus que j’aurais dû baptiser si j’avais attendu une semaine de plus, mon inner Alex est revenu en force. J’ai passé près de deux heures à m’arranger pour ma soirée…

 

Sondage (trop de choix de réponses) Vendredi, 12 décembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 13:40
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Mélancolie Jeudi, 11 décembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 0:53
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Je ne suis pas hypocrite, si ce n’est qu’avec moi-même. Je déteste les couples, qu’on se le dise. Toutefois, mes efforts, conscients ou inconscients, pour éviter d’être entouré de couples échouent parfois ce qui me replonge dans une morosité sans fond.

Mes parents se sont rencontrés dans un dancing à l’âge de 15 ans. Ils se sont plus immédiatement et ne se sont jamais quittés depuis. Aujourd’hui, âgés de presque 60 ans, ils semblent s’aimer plus que jamais. Ils se bécotent sans cesse et se répètent à quel point ils s’aiment plusieurs fois par jour.

D’un premier regard, quiconque se demanderait de quoi je peux bien me plaindre. Et bien, je me plains d’avoir eu un modèle de couple trop parfait. Parce que ces images de mes parents éperdument amoureux sont gravées dans ma mémoire. Je me plains, parce qu’à 28 ans, je n’ai pas encore vécu rien qui pourrait s’apparenter, de près ou de loin, à ce que mes parents vivent depuis près de 45 ans. Je suis assez lucide pour me rendre compte que je n’aurai probablement jamais ce qu’ils ont.

S’il est vrai que d’être l’enfant d’un couple dysfonctionnel est un poids lourd à porter, je ne suis pas prêt à affirmer que d’être l’enfant d’un couple uni à l’excès soit un rôle plus facile à jouer. Tout est question de modèle. Comme on le rappelle sur les paquets de cigarettes: “Children see, children do”. Au fil des ans, à force de côtoyer le couple splendide que forment mes parents, je me suis pris à m’imaginer qu’il serait un jour possible pour moi de vivre la même chose qu’eux. Je ne me suis jamais autant trompé.

De désillusions en désillusions, d’amours bafoués en amours déçus, je me suis fait à l’idée: l’amour c’est rare. Dotée de mon éternelle raisonnement scientifique, j’ai commencé à tout rationaliser. Certains croient au karma. La loi est bien simple, on pait d’un malheur une mauvaise action et une toute bonne action réalisée nous apporte l’allégresse. Ainsi, souvent, après avoir mangé de la marde pendant 6 mois, je me suis souvent dit que mon heure viendrait, que la vie ne pouvait être faite que de malheurs, que toutes les vies étaient constituées de la même manière, c’est-à-dire, de hauts et de bas. La pensée magique, quoi !

Cependant, si on analyse le tout d’un point de vue statistique, on se rend bien compte que le monde n’obéit à aucune loi. Depuis l’âge de 22 ans, en 6 ans, je n’ai jamais eu de relations sérieuses. Mathématiquement, c’est écrit noir sur blanc, il est tout-à-fait possible que je rencontre l’homme de ma vie demain matin en prenant l’autobus. Toutefois, statistiquement parlant, et c’est aussi gravé dans le roc, la probabilité que je ne rencontre jamais plus personne qui me plaise existe aussi. C’est possible ! Ce n’est pas écrit dans le ciel, mais bien dans les chiffres.

C’est pour cette raison que j’ai décidé d’investir davantage dans mes amitiés que dans mes amours et je crois que j’ai réussi. Mes amis, pour moi, sont le centre de l’univers. Vous me direz peut être que JE devrais être le centre de mon univers et que JE devrais me faire confiance si je veux que quelqu’un puisse m’aimer… bla bla bla. Je sais que je peux compter sur mes amis à tout moment Je ne les laisserais jamais tomber pour quoi que ce soit.

Récemment, deux de mes meilleurs amis que j’adore ce sont soudainement rapprochés. J’ai passé la soirée avec eux et, bien que je ne leur en tienne pas rigueur, ils sont un peu la cause de ma déprime. Ils ne se sont pourtant pas embrassé outre mesure, n’ont pas démontré publiquement leur affection. Mais tout de même, les choses ont un peu changées. Je me suis senti un peu à l’écart, out of it serait le terme le plus approprié, comme si j’avais manqué le train. Ce soir, en rentrant de chez mon amie, j’ai remonté seul la rue qui mène au métro. Je me suis embarqué dans le wagon et j’ai fait seul le trajet que j’aurais normalement dû faire accompagné.

Ici, je ne parle pas souvent de moi proprement dit. Mais ça m’arrive aussi d’être déprimé, de ne pas vouloir être seul, de vouloir être embrassé. Demain, lorsque je remonterai à bord du métro pour aller travailler, j’irai déjà mieux.

 

Banque de prénoms Mercredi, 10 décembre 2008

Classé dans : Vécu — Alex @ 16:54
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Quand je ne sais pas quoi faire ou que je n’ai pas assez d’inspiration pour écrire sur mon blogue, je me retrouve très fréquemment sur le même site, celui de la Banque de prénoms de la Régie des rentes du Québec. En effet, je suis complètement obsédé par les prénoms originaux, ou tout simplement ridicules, que les gens peuvent donner à leurs enfants. Depuis plusieurs années déjà, mon meilleur ami et moi aimons nous imaginer donner à nos enfants des noms de personnages tragiques. Je me vois déjà en train de crier à ma tralée d’enfants: « Phèdre ! Agamemnon ! Clytemnestre ! Allez-vous laver les mains, on va souper ! »

Quand, en 2005, j’ai fait la connaissance de la responsable de placement en stage en éducation de l’UQÀM qui s’appelle Claude-Luce, j’ai développé une nouvelle fixation pour les noms composés bigenres tels que Jean-Marie, François-Marie, Jeanne-Claude, etc. Mon ami et moi nous sommes donc donné la tâche de composer les prénoms composés les plus ridicules qui soient tels Manon-Joseph et Gaétan-Marie.

Ce qui est merveilleux avec la Banque de prénoms de la régie des rentes du Québec, c’est que l’on peut vérifier instantanément si, au Québec, entre 2001 et 2007, des parents ont été assez étranges (ou idiots, c’est selon) pour prénommer leurs enfants des noms les plus absurdes qui nous viennent à l’esprit.

Dernièrement, je suis parvenu à prouver l’existence d’enfants québécois qui portaient les noms suivants:
Ciel
Diamant
Diamond
Soleil
Lune

Ayant déjà entendu parler d’un couple de parents qui avait prénommé leur fille « Julia C’est un ange », j’ai décidé d’approfondir mes recherches. Dans la jurisprudence canadienne, j’ai trouvé l’histoire d’une famille ultra-catholique de Colombie Britannique qui a obtenu gain de cause en 1982. Je vous présente donc toute la famille:
Repent of Your Sins
Repent or Burn Forever
Messiah is Coming
Mashiah Hosannah
God’s Loving Kindness

Maintenant que vous connaissez l’existence de ce site, vous pourrez, vous-mêmes, lorsque vous n’aurez rien de mieux à faire, imaginer les prénoms les plus ridicules et vérifier si un pauvre enfant québécois en a été affublé au cours des 7 dernières années.

 

Chroniques queer no 4 Mercredi, 10 décembre 2008

J’ai fait mon entrée au secondaire rempli d’espoir, mais portant encore les stigmates des humiliations que j’avais subies au primaire. Peu d’élèves de ma petite école de quartier m’ont suivi dans la grande école secondaire à vocation particulière que j’avais choisi, mais ces quelques vautours ont vite fait de me resacrer bouc émissaire.  Remarquez que je n’ai jamais su à qui la faute incombait. Ce que je sais, c’est que ma seule faute était d’être différent, sans même pouvoir nommer cette différence.

Sociable de nature, j’ai navigué, à qui mieux-mieux, ces eaux plus ou moins tumultueuses. Je n’étais pas un rejet proprement dit. Je n’étais pas un nerd, je n’étais pas plus ami avec les rejets qu’avec n’importe qui. J’étais excentrique, peut être un peu tache (on le serait pour moins) et j’étais de toutes les activités parascolaires pour tenter de remplir ma vie.

C’est comme ça que je l’ai rencontré. Moi,  j’étais en quatrième, j’avais 15 ans et j’étais l’un des souffre-douleur de mon année; lui, il était en cinquième, il avait 16 ans et régnait sur sa cohorte. Nous portions le même prénom. Il sortait avec la même fille depuis l’été de ses 15 ans. Je n’avais jamais embrassé personne, si ce n’est de ce baiser qu’à l’âge de 11 ans j’avais échangé avec mon amie d’enfance au son de Take My Breath Away, sur la piste de danse en contreplaqué que son père avait construite dans sa cour.

Je fais donc la connaissance d’Alex qui m’ensorcèle instantanément. Non seulement il est beau et brillant, mais il chante et joue de la musique, se passionne pour les mêmes choses que moi et surtout, possède tout ce que je n’ai jamais possédé. Nous nous lions très rapidement d’amitié et peu de temps après, je me retrouve (un peu à l’étroit, mais c’est pour le mieux) dans le même banc d’autobus que lui en direction de sa demeure; son royaume.

Nos soirées, qui devait devenir presque ritueliques, sont bien gravées dans ma mémoire. Pour une fois, je peux dire: « Non, je n’ai rien oublié ». Des soirées entières à chanter, à parler, à rêver. Et la nuit venue, et parfois même bien avancée, nous nous couchions dans son lit d’eau – le seul lit d’eau que je bénis d’ailleurs -  sous la voûte étoilée de sa chambre, de ces petites étoiles phosphorescente que l’on achetait chez Urban Outfitters et que l’on collait aux murs. C’est dans ce lit que j’ai tout appris et je n’ai jamais tenté de comprendre, même aujourd’hui, pourquoi Alex, visiblement hétéro, était si enclin à me donner de l’affection.

Portés par les vagues du matelas, nos deux corps étaient toujours attirés l’un vers l’autre. Je respirais son haleine suave et je sentais la chaleur de sa respiration, parfois courte, m’effleurer la joue. Comme guidés par une force extérieure à nous, nos deux corps s’enlaçaient et se pliaient aux caresse, des caresses faites dans le plus grand déni. Nous deux, adolescents, feignions toujours d’être endormis et faisions toujours semblant que cette tendresse n’était qu’accidentelle. Chacun de nos réveils était muet. Dans les bras l’un de l’autre, nous attendions que le réveille sonne pour sortir de notre transe nocturne et vaquer à nos occupations quotidiennes comme si de rien n’était, sans ne jamais dire mot de nos élucubrations amoureuses. Je crois que c’est notre aveuglement à tous deux qui nous a permis de vivre ces aventures chaque semaine, et même plusieurs fois par semaine, pendant près d’un an.

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Un jour que j’avais oublié mon uniforme d’éducation physique, j’empruntai celui d’Alex. Je ne le lui remettrais jamais, je ne le laverais jamais non plus. Ce simple t-shirt noir était promis à une destinée beaucoup plus grande que celle de rester humide dans le fond d’un sac de sport.  Pendant près d’un an, j’ai caché jalousement le chandail d’Alex sous mon oreiller, et tous les soirs, pour m’endormir, je le respirais. Et je jure que par cette simple odeur, j’aurais pu croire que je dormais dans ses bras. Et même au bout de trois mois, même si la merveilleuse senteur du vêtement avait dû se sublimer depuis longtemps déjà, j’arrivais encore, comme magiquement, juste en plongeant mon nez dans la douceur du coton, à sentir la chaleur de son corps lové contre le mien.

Aujourd’hui, quelque part dans le sous-sol de mes parents, ce t-shirt est enfermé dans un grand sac de plastique blanc qui renferme aussi, tous mes toutous.