Ma vie sexuelle comme un jeu de serpents & échelles

Aventures sur un jeu de parchésie

Saint-Valentin Countdown -3 Jeudi, 12 février 2009

Classé dans : saint-valentin — Alex @ 13:44
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Je sais, j’ai pris du retard… Je vous en dois 2 aujourd’hui !

La Gratte-cenne et l’Ermite

Ils font partie de ceux qui ne sortent jamais de chez  eux. Pas nécessairement parce qu’ils n’ont pas d’argent, j’oserais dire que c’est juste parce qu’ils sont plates. Bon, d’accord, c’est un jugement et peut être que si j’étais moins sorti dans ma vie j’aurais plus d’argent dans mon compte en banque, mais il y a des limites à être plate vous trouvez pas ?

Ils font partie de ceux qui ne vont au restaurant que très peu de fois par année. Lorsqu’ils y vont, c’est généralement en groupe (surtout en famille) et ça prend absolument un événement: un shower; la fête des mères; un vingt-cinquième anniversaire; un party de job et bien sûr, la Saint-Valentin, la seule fois de l’année où ils ne vont pas au restaurant en groupe, et encore !

Ils font partie de ceux qui arrivent au restaurant avec un air de cul. Lorsque tu leur offres de mettre leur manteau aux vestiaires, ils te regardent d’un air suspicieux et te disent sèchement « Non merci, je vais le garder avec moi. », avec un gros moi, là. Ils se disent que si tu es juste serveur dans la vie, c’est sûrement parce que tu n’as pas d’instruction et donc tu es nécessairement un voleur. Alors, aussi laid leur manteau soit-il – des horreurs que je ne voudrais même pas qu’on me donne, alors pourquoi j’irais les voler -  ils ne le laisseraient pas avec un serveur pour tout l’or du monde.

Mes dix ans d’expérience en restauration m’ont appris qu’il y avait des professionels plus cheap que d’autres. C’est un jugement, mais c’est aussi statistiquement appuyé. Partout où j’ai travaillé, ça à toujours été ainsi et je ne suis vraiment pas le seul serveur à l’avoir remarqué. Vous ne voulez pas servir des ingénieurs. Eux ils sont faciles à spotter parce qu’ils payent tous avec leur maudite carte de l’Ordre des ingénieurs du Québec et ils ont tous leur petite bague. Quand tu vois une carte comme ça, tu te dis « Ah non ! Pas encore ! ». C’est du 10% maximum. Ensuite, il y a les partys d’infirmiers et les infirmières et, ça je ne l’ai observé qu’en région, mais les employés des Caisses Desjardins sont pas mal suce-la-cenne aussi.

Mais je n’ai pas encore parler des pires – c’est ce que je fais dans la vie et desfois j’ai tellement honte – les enseignants. C’EST FOU ! Ce sont les personnes les plus condescendantes de tous. Ils se prennent pour le nombril du monde. Ils sont non seulement gratteux, mais en plus ils sont vraiment plates, ils ne boivent jamais (on m’a déjà demandé de diviser une bouteille de vin en 10), et quand ils entrent dans ton restaurant, c’est pire qu’une tornade. Ça colle des affiches sur les murs; ça chante des chansons écrites sur l’air du thème de Star Académie pour le nouveau retraité; ça revient toujours d’un rally quelconque ou ça arrive déguisé; ça t’obstine sur ta facturation qui est pourtant impeccable; ça t’écoute pas quand tu leur adresse la parole; ça trouve ça cher, pis ils ne se gênent pas pour te le dire; ça tip mal que le criss;  pis par dessus le marché, t’auras beau leur faire tes plus beaux sourires, tes plus belles courbettes, tu vas toujours lire le mépris dans leurs regards. Je vous le dis, c’est fou ! À mon ancien travail, la dernière semaine de juin, communément appelée la semaine des profs, c’était un temps de prédilection pour partir en vacances.

Bon, j’ai encore digressé. Donc nos deux airs bêtes vont s’asseoir à la table avec leurs manteaux. Elle, elle étend ça sur les deux sièges de la table d’à côté pour ne pas que ça se froisse, pis lui il met ça sur le dossier de sa chaise, mais son manteau traîne par terre. Watchez-moi ben, je vais m’enfarger dedans tantôt.

Ce qui est insupportable avec eux, c’est qu’il faut tout le temps qu’il se justifie. Ils sont incapables de dire « Non merci » comme tout le monde.  Aussi, ils ne se laissent jamais aller, ne se laissent jamais surprendre, résistent toujours à la tentation et n’écoutent jamais les suggestions parce que, de toute façon, ils ne t’accordent aucune crédibilité. Par exemple:

Serveur très courtois

Bonsoir, je vous souhaite une Joyeuse Saint-Valentine et de passer un agréable moment en notre compagnie. Ce soir, en ap…

Gratte-cenne articulant chaque syllabe comme si elle s’adressait à un enfant de 4 ans

On a déjà pris l’apéro à la maison.

Serveur dans sa tête

La maison te l’offrait, mais là mange d’la marde !

Je ne sais pas pourquoi, mais ces gens-là sont toujours sur la défensive. Une fois, sur un brunch, il y a une cliente qui m’avait dit qu’elle avait déjà pris son jus à la maison. Hey ! Ça va faire là ! Pis de toute façon, quand je t’offre un apéro, c’est pas pour t’achaler, c’est pas pour te vendre quelque choses à tout prix; je fais mon travail et au cas où tu l’aurais pas remarqué, le trois quart des gens dans le restaurant ont pris un apéro. Je m’en fous que tu n’en prennes pas. Dis-moi « non merci » pis on va bien s’entendre. Mais je ne veux pas savoir si t’es dans les AA, si tu prends des médicaments ou si ton paiement d’hypothèque vient de passer. J’en ai rien à faire des justifications. Quand toi tu te sens agressée, tu m’agresses ! C’est pas mon problème si tu te sens cheap de ne pas en prendre. Moi, j’ai pas de problème avec ça. Je vais très souvent au restaurant et je prends pas un apéro à chaque fois.

En tous cas, là, le serveur offre l’eau en carafe ou l’eau en bouteille, mais après leur réaction à l’apéro, ils se doutent bien que le clown qui est avec la gratte cenne va lui répondre: « Un bon Saint-Laurent frappé ! » en pensant que c’est la première fois que le serveur l’entend. Le serveur sourit (10 ans d’expérience, t’as même plus besoin d’y penser ça vient tout seul. Je devrais vous faire une vidéo de mon sourire forgé. Je le trouve vraiment hot. Il est à s’y méprendre. Sauf quand on me conait).

Donc, je reviens à la table avec l’eau et les cartes – en déposant les cartes je glisse sur son criss de manteau et je manque de me tuer, le monsieur essaie de le replacer pour la forme, mais pas vraiment – et, avant même que j’aie pu ouvrir la bouche pour le présenter le menu dégustation, la cliente me demande si c’est possible d’avoir du pain. Oui, c’est très possible, mais en général, dans les restaurants qui se respectent, le pain n’est servi qu’après la prise de commande. Et de toute façon, au Québec , les gens prennent pour acquis qu’un restaurant doit servir du pain, mais moi, partout où j’ai voyagé, j’ai remarqué qu’ailleurs, si on veut du pain, faut en commander et payer pour. Bon, mais on est au Québec, alors je lui dis que je vais lui amener du pain et je commence à décrire le menu dégustation de la Saint-Valentin. La cliente me dit: « Perds pas ton temps, on le prendra pas. » Bon, c’est un peu bête, mais elle sait ce qu’elle veut et elle ne m’a pas fait parler pour rien. Je suis quand même un peu choqué de voir qu’elle ne prend pas du tout son pied dans la grande expérience qu’est celle du restaurant. Moi, s’il y a quelque chose que j’aime en restauration, c’est un serveur qui est capable de me décrire adroitement et alléchament (si l’adverbe existait) un menu, mais bon.

Je me retire de la table et là je les vois qui tournent la carte d’un bord pis de l’autre. Ils le regardent à l’envers, plissent les pages pour voir s’il y en aura pas deux de collées: ils cherchent la table d’hôte. Et là, je vais être un peu condescendant, mais c’est parce que je vous aime et parce que je veux vous faire rire: ce monde-là, c’est des mangeux de table d’hôte. Mais dans les bons restos, c’est très rare qu’il y a des tables d’hôte. Et ce que ces gens oublient, c’est que table d’hôte n’est pas synonyme de bon marché. Une table d’hôte, c’est un menu à prix fixe, c’est tout. Dans un restaurant comme celui-là, la table d’hôte, c’est le menu dégustation et honnêtement – oui, c’est plus cher – le rapport qualité-quantité/prix est assez bon.

Ils ne trouvent pas la table d’hôte, ils décident donc de partager une entrée et de prendre chacun le plat le moins cher. C’est comme ça qu’ils choisissent. Sur la carte du restaurant où je travaillais, nous avions une section mise en bouche qui précédait la section des entrées. Ces gens-là commandaient toujours une mise en bouche à partager au lieu de commander une entrée, parce que c’était moins cher Mais c’est ridicule, parce que oui, sur la facture c’est moins cher, mais 8$ pour deux huîtres de grande qualité… J’adore les huîtres (je ne le dirai jamais assez), mais t’aurais été aussi bien de partager, je sais pas moi, un tartare de thon à 12 $, t’en aurais eu plus pour ton argent. À mon avis.

Je retourne à la table pour prendre la commande,  je glisse -encore – sur le manteau, cette fois il tombe par terre, ils commandent leur mise en bouche à partager et le plat de pâtes, qui soit dit en passant étaient très bonnes au restaurant où je travaillais, mais si tu voulais manger des pâtes pourquoi t’es pas allé dans un restaurant italien ? À mon humble avis, tu peux pas dire que t’as essayé un restaurant si t’as mangé la salade verte et les pâtes… Ok, je sais, je suis un peu snob, c’est ça que ça fait 10 ans en restauration, mais, ne vous en faites pas, j’ai un autre billet qui s’en vient là-dessus dans lequel je ferai la part des choses.

Pour le vin, ils ne feront pas plus confiance au sommelier qu’ils ne l’ont fait au serveur. En fait, ils ne veulent même pas le voir. Ils prendront probablement le verre le moins cher de la carte, même si c’est un Cahors et qu’ils mangent des pâtes aux fruits de mer et ce que je vais vous dire là m’est véritablement arrivé. J’ai servi un verre de vin à une cliente et en quittant la table je l’ai entendu dire à son mari: « Je vais le siroter… » Euh… Cheap much ! Encore une fois, ça me dérange pas que tu boives pas beaucoup, mais bâtard, tu sors une fois par année, laisse-toi aller, bois au rythme que tu veux, pis tu verras si t’en veux un autre. J’ai déjà vu des clients commander une bière à l’apéro et continuer de la siroter au dessert 3h plus tard. « Elle doit être fraîche ta bière !»

Bon, ce billet commence vraiment à être très long, mais sachez que ça se poursuit ainsi jusqu’à la fin. Si tu leur offres un café, ils ne se demanderont pas s’ils veulent un café ou pas, ils vont te demander si c’est inclus. Il y en a même qui pousse leur chance jusqu’à te demander si le fromage est inclus. Ben oui madame, vous avez dépensé 40 $ à deux, pis on vous offre l’assiette de fromages à 55$ le kilo.

Mais bon, j’ai travaillé longtemps dans les restos et je m’y suis fait. Et soyez assurés que peu importe qui j’ai servi, peu importe ce que mes clients consommaient, j’ai toujours servi tout le monde de la même manière, c’est-à-dire avec le plus grand professionnalisme et avec une seule idée en tête, que les gens ressortent du restaurant avec le sourire et qu’ils aient aimé leur expérience. C’est dommage, il y a des gens qui sont tellement bouchés qu’ils ne seront juste jamais capable de s’abandonner au plaisir. D’innombrables clients ont été arrogants avec moi ou ont été condescendants avec moi, mais je ne m’en suis jamais formalisé et quand ça m’arrivait, je me forçais encore plus pour essayer de les amadouer, pour leur prouver que j’étais là, oui pour gagner ma vie, mais aussi parce que j’aimais ce que je faisais; que j’étais là pour leur plaisir, et très souvent, j’ai réussi.  Mais s’ils n’en veulent pas, qu’est-ce que je peux bien faire. Moi, je peux me dire que j’ai fait tout ce que j’ai pu et que malgré tout, j’ai toujours eu du plaisir à servir.

Il est vraiment long ce billet… ça pourrait presque compter pour deux… Naaaah !

 

9 Responses to “Saint-Valentin Countdown -3”

  1. Pierre-Luc Says:

    Pis les actuaires, t’en pense quoi ? -=)

    Personnellement, je préfère aller dans un endroit et me sentir libre de faire ce que je veux financièrement. Autrement dit, si je peux me taper une table d’hôte au St-Hub ou le repas le moins cher dans un endroit, je vais aller au St-Hub ou attendre un peu, du moins, ça marchait comme ça quand j’étais étudiant.

    Disons qu’aller au cinéma et pas pouvoir me prendre un gros coke parce que c’est hors de mes moyens, je trouve ça ordinaire, je vais me faire un bon film a la maison a la place.

  2. Bast Says:

    Alex, tu es hilarant!!! J’ai vraiment savouré cette “revanche du serveur professionnel”…

  3. J. Says:

    Moi je ne remercierai jamais assez le ciel pour ces 10 ans de service professionnel, parce que ça veut dire :

    -Ne jamais avoir à étaler mon ignorance face au serveur et pouvoir juste me pencher vers toi et dire “… Alex…. c’est quoi un gravlax….?!”

    -Pouvoir rigoler intérieurement quand tu joues au mari et que tu dis au serveur, avec ta voie de 450, “Elle, a va prendre un verre de ce vin-là.”

    -Aller à La Montée pis avoir un traitement impeccable en plus de quelques verres de vin en bonus et des apéros gratuits;

  4. Alex Says:

    Pierre-Luc: C’est sûr que c’est pas évident de reconnaître un actuaire à l’oeil nu, mais si je me fie à l’idée que je me fais des actuaires, j’en ai connu quelques uns et quelques unes, d’après moi ça va. Je pense comme toi. Ça dépend des circonstances. Je pense que tout est dans la façon d’être. Ça m’arrive assez souvent d’aller au resto tard en soirée et de ne commander qu’une entrée par exemple. Mais je ne prends pas dix minutes au serveur pour expliquer que j’ai déjà souper, pis que c’est juste pour accompagner mes amis, pis que je ne veux pas trop manger avant de me coucher. Tout est dans l’attitude et dans la capacité d’une personne à avoir du plaisir. Mais j’avoue que quand je sors, moi aussi, je n’ai pas envie de me priver.

    Bast: Content d’avoir éclairé ta journée d’un ou de plusieurs éclats de rire.

    J.: Je t’aime, pis j’aime ça aller avec toi au restaurant. Toi, tu sais sortir dans toutes les occasions. Je n’aurai jamais honte de toi, pis ça va toujours me faire plaisir de commander ton vin comme si j’étais un mari infantilisant. ;)

    Mais c’est quoi le rapport de la voix de 450 ? C’est tu une inside que je suis censé comprendre ? Ou peut être voulais-tu vraiment dire une voie de 450, mais je ne comprends pas plus ce que ça veut dire…

  5. Pace, the one and only!!! Says:

    ahhahaha je me suis délecté de chacuns de tes mots mon Alex!!!

    Pour vrai je pense toujours écrire une télésérie sur la restauration et disons que tu serais un candidat très sérieux pour ma co-scénarisation…;)

    Sur ce, je vais aller lire ton 2e billet…:)

    Ciao mec

    Pace

  6. Alex Says:

    Pace: Ça serait vraiment nice ! Ça fait longtemps que Simon et moi on y pense aussi. Ça pourrait être tellement drôle !

  7. mllem Says:

    OMG, ces gens là ne sont pas comme ça seulement au restaurant. C’est comme s’ils étaient allergiques au plaisir. Ils sont absolument insupportables!

    Je pense pouvoir affirmer que je suis une cliente vraiment agréable et ça me dérange pas possible d’avoir des gens comme eux à côté de moi. Ont dirait qu’il émane d’eux des miasmes de malaise et ça gâche mon plaisir. En fait, on dirait qu’ils ne se rendent pas compte que non seulement ils sont désagréables avec leur serveur, mais qu’ils polluent l’espace au complet et que tout le monde les regarde…

    Moi j’adore quand un serveur prend le temps de m’expliquer les spécialités de la maison, j’aime ça me faire recommander une couple de bouteilles. J’aime bien discuter avec un serveur quand il n’est pas trop pressé. À mon avis, un serveur est là pour te rendre SERVICE et non pour te servir. Y’a une grosse différence.

    La seule chose qui me dérange c’est quand je me sens poussée vers la sortie. Je prends beaucoup de temps pour manger et souvent j’étire plus loin qu’un digestif et plusieurs cafés. Mais je peux t’assurer que si je prends ta table pour si longtemps, ton pourboire sera en conséquence, moins de 10%, non mais! Ah et aussi, je suis jeune et j’ai souvent eu droit aux regards condescendant. Autant de la part de serveurs que de clients. Ça ça me désole, 21 ans et je peux t’assurer que je sais c’est quoi du gravlax. ;)

  8. Galadriel Says:

    Comment ça les infirmières sont cheaps???
    Elles sont comme ça pour de vrai?
    Là j’ai un peu honte…
    :S

    Très drôle ce billet!
    :D

  9. Alex Says:

    mllem: C’est fou ! Ces gens-là rayonnent par leur mauvaise humeur. Mon meilleur ami et moi avons commencé à sortir dans les gros restaurants très jeunes, on avait autour de 20 ans et on passait notre temps à sortir du restaurant avec des factures de 300 $. Nous n’étions pas riches, on avait juste une grande passion pour la gastronomie et on investissait là-dedans. C’était ce que nous aimions le plus faire. J’imagine que le fait de se sentir jet set et de projeter une image comme celle-là jouais dans la balance, mais on a vraiment eu beaucoup de plaisir. Aujourd’hui, on s’est un peu calmé.

    J’ai parfois été mal reçu, mais très rarement. La première fois que je suis allé au Toqué !, j’avais 22 ans et lui 20 et malgré tout, nous avions reçu un service extraordinaire. C’est d’ailleurs selon moi la grande force du Toqué !. La bouffe est très bonne, mais les expériences gustatives que j’y ai connues ne sont pas les meilleures que j’ai eues. Par contre, pour l’expérience de restaurant dans son ensemble, c’est extraordinaire. L’accueil, le service, le confort, tout est parfait, c’est vraiment réglé au quart de tour.

    J’ai aussi eu une expérience où le maître d’hôtel a vraiment été condescendant. C’était un soir d’été, on était un peu cassé et on ne voulait pas trop dépenser. On a choisi dans le Guide Resto Voir un restaurant du Vieux Montréal, qui n’existe plus aujourd’hui, qui s’appelait California Dream. On disait dans le guide, 60$ pour deux. Nous savions qu’il fallait toujours majorer le prix du guide, donc 100-110$ pour deux. On arrive là-bas, je suis en gougounes et en jeans 3/4 un peu skateux, je ne me souviens plus trop de ce que B. portait, mais c’était quelque chose du même genre. Le California Dream était en fait une sorte de club privé. Ils avaient même un stationnement rempli de voitures de luxe et, à l’intérieur, des tablées d’hommes en tuxedo et de femmes en robe de soirée; les oscars-là, c’est pas des jokes. Quand même un peu frondeur, on entre. Ce n’était pas très occupé ce soir-là et on nous avait réservé une table donnant sur le fleuve (près des autres tablées). L’hôtesse commença à nous escorter vers cette table et son maître d’hôtel l’a arrêtée et lui a pointé une table au fond de la salle. Nous on s’est dit: “Ah ouin ! Tu penses qu’on est des ti-counes ! On va te montrer qu’on ne l’est pas !” Au yable on est cassé, avoye la dépense ! De toute façon, on avait pas grand choix de dépenser, je sais pas comment le Voir avait fait leurs comptes, mais il n’y avait pas un plat en bas de 35$ sur la carte. Dans ma tête, si tu prends juste deux plats, ça, ça fait déjà 70$… En tous cas, le service s’est bien poursuivi et la bouffe était génial, je m’en souviens encore aujourd’hui, j’avais entre autre mangé un steak de thon rouge cuit comme un tataki servi sur un risotto au Wasabi. C’était débile. Mais au lieu de sortir avec une facture de 100$, on est sorti avec une jolie note de 350$ (plus de sortie pour la semaine)…

    Galadriel: Je ne sais pas si les infirmières sont cheaps quand elles sortent seules. À moins de venir manger en habits de travail, elles sont plutôt difficiles à identifier. Par contre, j’ai souvent servi des groupes d’infirmières et dans l’ensemble, cétait toujours cheap… Mais bon, il ne faut pas généraliser… je suis enseignant après tout et quand je vais au restaurant, je ne me pense pas dans une base de plein air. Tu demanderas à ton frère s’il a vécu des expériences similaires.


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