Parce que, ces derniers temps, on m’a reproché d’avoir une fixation sur mon célibat. Parce qu’on aura dit que je suis devenu amer et que je suis jaloux du monde en couple. Parce que Brume que j’aime de tout mon coeur me l’a demandé. Voici un billet sur l’amour. Je trouve amusant que l’on me reproche de ne pas parler d’amour assez fréquemment; moi qui croyais être la Céline Dion des blogueurs avec mes 100 histoires d’amour pour 130 billets…
Malgré tout, je n’y connais pas grand chose. Je peux certainement parler de ma façon de vivre l’amour, mais je peux difficilement expliquer la construction sociale du sentiment humain le plus prisé. C’est une constatation que je me fais souvent, et en lisant un billet de Pierre-Yves récemment, je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul à vivre mes amours comme un adolescent. Ce n’est pas parce que je suis immature ou que j’aime aveuglément, seulement quand je m’éprends de quelqu’un, c’est tout à fait impulsif.
Pour dire vrai, dans les dernières années, j’ai eu très peu de flammes, mais quand j’ai un kick sur quelqu’un, je vis dans l’instantanéité. Je suis nul pour attendre. J’ai toujours envie de défricher plus rapidement, comme un archéologue qui travaillerait nuit et jour pour dénicher le sarcophage promis. Je suis impatient.
Aussi, comme je suis rarement amoureux, voire jamais, le sentiment est d’autant plus fort. Je m’explique. Je crois que d’une certaine manière, le sentiment amoureux est aussi constitué comme un jeu de serpents & échelles. En amour, on peut rechercher la perfection ou se contenter de moins; tout dépend de notre indépendance, de notre tolérance au célibat.C’est à dire que comme sur la célèbre planche de jeu, il existe plusieurs niveaux d’amour et de bonheur, comme il existe plusieurs degrés de douleurs amoureuses. Desfois, on ne ressent qu’un petit soubresaut, comme en glissant sur le dos d’un serpent qui nous ramène 3 cases à l’arrière. Desfois c’est la chute libre qui nous fait regretter d’avoir jamais aimé.
Si vous me lisez depuis un moment, vous aurez compris que je suis peut-être, ne serait-ce qu’un peu, trop exigeant, que j’ai des standards assez élevés. Je dis ça, mais en même temps non. Et durant un moment, je me dis que je ne pourrai jamais passer ma vie avec untel, et l’instant d’après, je me dis que seul l’instant présente ne compte vraiment.
À trop vouloir profiter de l’instant présent, on finit par briser des coeurs, non ? Disons que je ne me sens pas trop champion quand je m’engage dans une relation en me disant :« Je sais pas trop, là… Je profite de l’instant présent… » et qu’au bout de 6 mois avec le gars, je me rends compte que ça en fait déjà 3 que l’instant présent ne goûte plus rien. Et là, on doit faire face à ce que Carrie nomme si justement dans Sex and The City « The uncomfortable break-up situation ». Et là on peut faire semblant que ça nous fait de la peine à nous aussi et qu’on va être triste le lendemain… Yeah right…
Je dis tout ça, mais dans le fond, je déblatère. J’ai quand même souffert un peu. Moi, quand je rencontre quelqu’un qui m’intéresse vraiment – pour vrai, là - je suis du genre à monter une échelle, puis tout de suite après, une ou deux cases plus tard, je glisse sur un serpent.. Ça, c’est quand je ne me mets pas à tourner en rond… Blague à part, j’aurais aimé être mieux en mesure de parler d’amour ce soir, surtout pour toi Brume, mais tout commence à être confus. Je vais mettre de l’ordre dans mes amours…
